Ces tresses qui m’ont donné du fil à retordre…de Reine Mbéa
Les tresses. Couchées, renversées, crochetées, au fil… Nous nous en souvenons toutes. Et pour cause ! Elles ont fait partie de notre enfance. Surtout les douloureuses faites au fil.
Faites le samedi ou le dimanche, avant ou après la messe, dans un salon de coiffure ou chez une voisine. À moins de maladie grave ou de pluie diluvienne, il était quasiment impossible de s’y soustraire. Les pleurs des bébés, les bouderies de petites filles ou les excuses des adolescentes qui trouvaient cette coiffure d’une ringardise outrageante, n’y changeaient rien. Il fallait y passer. Car cette coiffure avait le mérite de transformer les crinières frisées, touffues et rebelles, caractéristiques de tout cheveu négroïde qui se respecte, en chevelure docile et soyeuse. Pour ne rien arranger, elles avaient le don de rallonger prodigieusement les cheveux de toutes sortes, même les plus rébarbatifs. Comment, dans ces conditions, critiquer cette coiffure d’une efficacité aussi redoutable?
Surtout que ce type de tresses se déclinait de plusieurs façons, notamment selon la longueur du cheveu. Il y’avait les « macabos » pour cheveux courts : ces sortes de petites mottes de cheveux reliées les unes aux autres par du fil à tresser. Cette coiffure, d’une simplicité ascétique, ne donnait ni un look d’enfer ni des allures de top modèle. Et certaines la qualifiaient tout simplement de mocheté l’accusant de manquer d’originalité. Mais comment se préoccuper d’esthétique lorsque les résultats sont là? Et que la croissance et la souplesse des cheveux sont systématiquement au rendez-vous. Et ce phénomène se répétait avec cette autre coiffure au nom étrange: les « suis-moi ». Dédiée cette fois aux cheveux mi-longs, elle a laissé un souvenir impérissable chez plusieurs d’entre nous.
Moi, je me souviens encore de cette douleur lancinante qui me secouait le crâne à chaque fois que le fil passait au dessus de mes cheveux dans un bruit similaire à celui d’un fouet. C’était indescriptible. Et je suis certaine de ne pas avoir été la seule à douter du résultat esthétique obtenu, ne méritant aucunement cette souffrance. Je n’étais pas convaincue par ces mini ponts disgracieux qui semblaient faire une course folle sur mon crâne. Des morceaux de cheveux enchainés de fil, avant d’être courbés puis liés les uns aux autres. Une vraie torture… Et comme si ce n’était pas déjà assez pénible, les coiffeuses, calaient nos têtes déjà endolories entre leurs jambes nous laissant nous débattre avec des odeurs non sollicitées et clairement désagréables quelques fois. D’une méticulosité chirurgicale, elles ne lésinaient pas non plus sur l’énergie mise à serrer les cheveux afin qu’aucun d’eux ne tente de s’échapper de ce fil barbelé qui les emprisonnait au point de les étouffer.


























belle plume. Je suis séduite, c’est tout mon enfance!!!! j’ai aimé cette manière sibylline de décrire les différentes tresses!! tout simplement bien écris!
Quelle plume Reine.
J’espère que tu nous réserve un roman pour 2011. Les producteurs n’auront pas le choix.
Sinon, je suis personnellement contre le concept de faire souffrir les enfants (surtout depuis que je suis papa d’une adorable petite fille). Je pense qu’on peut – durcir autrement – et qu’il faut surtout travailler le mental et le sens des valeurs.
C’est ce qui me semble -t-il t’as menée jusqu’où tu es aujourd’hui. En tous cas, maintenant que j’ai connaissance de tous ces supplices, je veillerai à ce que même en vacances chez sa mamie, ma fille soit tressée sous le regard bienveillant de son papa.
Oui, papa nounours je suis, et oui, je n’ai d’autres choix que d’assumer… jusqu’au jour où je serai, moi aussi désillusionné parce qu’elle me présentera son copain avant ses 25 ans. lol
tres bel article j ai ri tout au long.et comme tout le monde j ai eu des souvenir de mon enfance
Malheureusement les tresses au fil très demodées de nos jours au Cameroun
j avoue qu à l université on trouvait vraiment bizarre de voir des filles de notre génération avec « le fil à la tête »
moi par contre je n ai fait cette coiffure qu une fois dans ma vie,un jour apres avoir marché dans tout le quartier et la seule personne qui pouvait ma coiffer ne savait faire que « le fil » et coïncidence c’est avec cette coiffure que j’ai pris la photo pour ma pièce d’identité au bac.
Reine…Un style qui decoiffe…c’est le cas de le dire…zolie ekritur…;)
Juste pour témoigner autrement. J’ai longtemps porté des tresses au fil et je trouvais cela assez joli. Bien qu’en effet selon la main de la coiffeuse ce pouvait être très douloureux.
D’ailleurs durant tout le temps que j’ai passé au collège au cameroun j’ai abordé des locks au fil. Et je me souviens qu’à force de me voir avec cette coupe, quelques sakéroises s’y sont mises.
Bref ça peut être très joli de mon point de vue. Et encore de mon point de vue, plus noble qu’une crinière blonde en plastique ou encore ces vilaines perruques rouge et bleue que j’ai récemment vu dans les rues à Douala.
J ai toujours aimé mes tresses de fil et aujourd´hui je les refais encore, car je me trouve séduisante quand je les porte et me sents á l´aise avec. Le truc est de ne pas serrer au point oú ca fait mal, c´est bel et bien faisable. J aime aussi les tréssés- nattés. Tous les goûts sont dans la nature, mais en fait nos gôuts sont la plupart du temps dictés par la mode. Les gens n´osent plus aimer ce qu´ils trouvent beau, tellement ils ont peur qu´on se moque d´eux. Ma devise c´est oser être moi même, tant que je ne blesse personne, les gens pourront en dire ce qu´ils voudront. Depuis que je suis moi même, bien dans ma peau fidéles à mes tresses de fil preférées, curieusement les gens m´acceptent et me respectent plus.
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Je suis d’accord avec Happy Ness, c’est ma mère qui les faisait, elle était d’une douceur incroyable, et ne tirait pas mes cheveux, qui poussaient avec une allure affolante. Aucune odeur désagréabe, aucune boursuflure, et je dormais de profil, ce que je fais avec ou sans cette coiffure.
Le texte est très bien écrit, mais trop dur et pas réaliste pour tout le monde. Désolée, mais ca m’a paru ingrat et dénigrant.
J’ai jamais aimé les nattes, car cela me coupait les cheveux, elles étaient faites ma soeur ou d’autres filles qui ne s’occupait pas de mon bien-être.
Ma mère me massait le cuir chevelu, me mettait de l’huile, elle me tressait avec amour, et j’aurais du l’écouter quand elle m’avait interdit de défriser.
L’auteur parle de SA réalité et non d’une vérité absolue. Ca se lit, s’apprécie (ou non). Mais ça ne se discute pas, ça ne se juge pas.