Musique : « Mboko God » – LE voyage céleste de Jovi (Review)

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Aujourd’hui c’est le 20 mai, c’est jour de fête puisque c’est la fête Nationale du Cameroun (Fête de l’Unité), mais c’est également la sortie de l’album tant attendu de Jovi, « Mboko God ». Le dernier né de Jovi est disponible en digital depuis minuit et autant dire que vous n’êtes pas prêts pour ce qui vous attend…

Par où commencer Wanda People ? Les mots me manquent à l’instant où je vous parle. Déjà la pochette de l’album affiche le signe le plus ancien de Dieu, « Gye nyame » en langue Twi et qui signifie « Dieu est suprême ». Une façon de vous dire que vous vous apprêtez à écouter du lourd quoi.

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La version courte c’est que Mboko God c’est 12 titres dont 3 singles déjà sortis en 2014 (B.A.S.T.A.R.D., Cash, ET P8 Koi), mais c’est surtout un voyage musical qui transcende les frontières culturelles, linguistiques, générationnelles et géographiques. Un album Hip Hop africain coloré de multiples influences puisées dans tout le continent qui vous emmène sur des sentiers inattendus…

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Une ouverture en grande pompe qui annonce un album conceptuel

Mboko God s’articule en un triptyque qui relate ce qu’on pourrait appeler l’avènement du #MbokoGod, autrement dit un ego trip grandeur nature, mais… en groupe…

L’album commence par ce que je qualifierais d’un véritable chef d’œuvre de 5 minutes 47, « Mboko God – Positioning » avec pour base le Benskin (et oui qui a même dit qu’on devait garder le meilleur pour la fin ?). Reniss ouvre la marche avec un cri de ralliement en langue Ngemba du Nord Ouest Cameroun (un appel à la prière devant le #MbokoGod ???). Shey enchaine quant à lui avec le Nliimbom et Tilla y infuse l’énergie Hip Hop qui te rappelle qu’il s’agit bien ici de rap. Et puis, tu crois que le son est terminé, et non, Jovi entre par effraction avec un trap inattendu. « Cake cake cake, VERY BIG CAKE ». ÉPIQUE !

Au milieu « Mboko God – Status » que je vois comme l’expression de la déclaration du statut de Jovi, ravira sans doute tout particulièrement le peuple Sawa.

Pour finir, « Mboko God – Reality » dont les dernières notes sont jouées par le pianiste Essomba Brice Roger. Le titre qui clôture l’opus, r-peut être vu comme la consécration de Jovi comme un « Dieu de la musique », ou ce qu’on appelerait chez nouz un « Sorcier Bantu de la musique »… Tout un concept comme je vous disais !

MBOKO GOD – POSITIONING

Le rap réinventé depuis le Cameroun

Mboko God donne un souffle nouveau au Hip Hop en général et les amoureux du genre d’où qu’ils viennent le redécouvriront sous un tout nouvel angle. L’album raconte le point de vue africain du Hip Hop aussi bien au niveau sonore que thématique. Une vraie réappropriation de cette musique déjà vieille de quarante ans. Les « trap lovers » auront leur compte avec « Top Level« , « Et P8 Koi » et le part 2 de « Mboko God – Positioning et Reality ». Les puristes secoueront la tête à « Beat Tape Sessions » ou encore Man Pass Man Part 2, qui forcémment nous rappelle le début de son aventure avec « H.I.V. » son premier album sorti en 2012. Des punchlines, des punchlines, des punchlines ! « She blow me like a Saxophone then she turn around and ask if I was Anglophone, Naah! girl I be Francophone. »

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Des surprises – L’hommage à Claude Moundi alias Petit Pays

Pour commencer les titres d’ouverture et de clôture ont deux parties chacun, de quoi prolonger le plaisir donc…

Et puis il y a « Comme Moundi« , un hommage à notre Petit Pays national très admiré par Jovi. Il faut dire que le Rabbi Rabba a tout de même 25 ans de carrière musicale derrière lui. Le titre vous fera donc replonger dans le Makossa d’antan (une merveille)… Shey y fait l’effet d’un jeune Petit Pays mais de 2015. Un régal !

Vous pensiez connaitre « Cash » du bout des ongles ? Et bien non ! Le titre est réédité avec une guitare qui vous fera tomber amoureux(se) à nouveau de ce Bikutsi/Rap. L’instrument joué par Tonye François Thimothée alias Mont Cameroun redonne une seconde vie à ce tube qui nous fait vibrer depuis maintenant un an.

Il faut croire que ce pays lui tient à cœur, car après la rumba congolaise de « Pitié » paru dans H.I.V., Jovi fait de nouveau un tour au Congo dans « Nyongo Money » et son clin d’œil Soukous des années 80 connu également pour ses fameux cris aigus entonnés par l’artiste Abracadabra.

MBOKO GOD – STATUS

 

De multiples collaborations

Comme toujours Jovi fait la part belle aux jeunes artistes à travers son opus. Tilla, Pascal, Reniss et Shey de l’écurie de New Bell Music accompagnent leur mentor dans un parcours quasi initiatique. Teddy Doherty et Inna Money (qui en passant a été assez impressionnante) s’invitent sur « Beat Tape Sessions » un esprit plus freestyle du Mboa, co-produit par Chavez. Le nouveau producteur de New Bell Music Kiloh co-signe également deux chansons sur l’album. Des musiciens de renom dans le milieu musical tels que cités précédemment (pianiste et guitariste) apportent le son de l’authenticité via leurs instruments.

Le plein d’émotions dans les oreilles

L’écoute de Mboko God provoque ainsi un flots d’émotions de joie, de tristesse, de nostalgie… Les mellowman et les âmes sensibles se verront touchés en plein cœur par « Jungle Book » avec la voix mélodieuse de Shey. Certains internautes disent même avoir versé quelques larmes à l’écoute de ce titre. Mais surtout cet album remplit de fierté. Et on se sent tellement fier qu’il vienne d’Afrique, qu’il vienne du Cameroun…

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MBOKO GOD – REALITY

L’album africain de l’année

J’ai vécu l’écoute de cet album comme un voyage hors du temps dont on ne ressort pas indemne. En parlant du Cameroun, on se rend compte que la date du 20 mai n’était pas qu’un symbole, mais bel et bien l’expression de l’unité du Cameroun, mais aussi son immense richesse culturelle.

Verdict : Mboko God, c’est le passé, le présent et surtout l’avenir de l’Afrique. Une vraie célébration de l’identité sonore africaine ainsi que ses traditions. Un album complet tant sur le plan instrumental, lyrique, que conceptuel. C’est ce qu’on appelle un « Classique ». Je sais qu’on n’est qu’en mai, et que ce sera une déclaration un peu présomptueuse, mais allez, c’est pour moi l’album africain de l’année tous styles confondus.

Mon top 3 : Il est très difficile de le faire sur un album aussi diversifié, mais allons-y ! 1. »Mboko God – Positionning » pour son grand ecclectisme inattendu, 2. « Comme Moundi » pour son retour aux valeurs sûres, 3. « Mboko God – Status » pour le côté très hip hop et sa signature pourtant très camerounaise.

Et vous Wanda People, qu’avez-vous pensé de l’album ? Quelle est votre chanson préférée ?

Achetez l’album digital sur le site de New Bell Music (8$) et l’album physique sur Jumia Cameroun (1000 F + frais de livraison). Et si c’est fort dans vous, bientôt des albums offerts sur Je Wanda Magazine !

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C.V.F.

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