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La troisième édition du festival du film nigérian a ouvert ses portes depuis Jeudi dernier à Paris au Cinéma l’Arlequin. C’est devenu un véritable rendez-vous culturel – dont Je Wanda Magazine est partenaire-  avec une sélection de films tous les plus délicieux les uns que les autres. Nous allons vous présenter un des films projeté qui a particulièrement retenu mon attention.

October 1 est un thriller psychologique de production indépendante 100% nigériane. Il faut le souligner car cela permet de mesurer le chemin parcouru. Œuvre du réalisateur nigérian Kunle Afolayan, l’intrigue nous transporte au cœur du  Nigéria à l’aube de l’indépendance d’un pays encore sous le joug de l’administration coloniale britannique. Entre hommage au Nigéria et thriller captivant,  le film narre l’histoire de l’inspecteur Waziri ‘’Danny Boy’’  dont les péripéties nous font naviguer au cœur d’une enquête palpitante. En effet, une série de meurtres inexpliqués et non élucidés défrayent la chronique à Akote, petite ville tranquille située dans l’Ouest du Nigéria.  Mandaté par un haut fonctionnaire britannique, l’inspecteur Waziri est chargé de résoudre ces meurtres avant les célébrations en grande pompe de l’indépendance du Nigéria. Le véritable tour de force de ce film c’est de pouvoir aborder autour de cette thématique de l’indépendance la question du tribalisme, les oppositions entre croyances religieuses (comme tout film nigérian qui se respecte), le racisme, les abus sexuel notamment la pédophilie.

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Cet ainsi que le génie de Kunle Afolayan nous invite  – Tunde Babalola- dans une voyage entre comique et pathétique : une vraie prouesse artistique, un savoureux travail d’écriture et de mise en scène. Le film est porté par un jeu d’acteur juste empreint d’une touche d’excentricité  et des situations cocasses qui subliment ce chef d’œuvre. C’est un magnifique « storytelling » à sauce africaine, preuve que le cinéma nigérian a franchi un pas. Il faudrait également saluer le fabuleux travail des costumes tout comme l’énorme travail de l’équipe de maquillage dont le travail rapproche les visuels de façon déconcertante à la réalité. Les réalisateurs comme Kunle Afolayan font partie de ce virage et ce parti pris de faire des films plus aboutis. Il incarne cette génération qui préfère la qualité à la quantité, mais toujours avec pour ultime objectif d’offrir une vision du monde à travers le regard d’un africain pour les africains mais également pour le reste du monde car tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasses tourneront toujours à la gloire des chasseurs. Le film a d’ailleurs été présélectionné pour le festival de Cannes mais n’a pas pu faire partie de la sélection officielle car ce dernier n’a pas été coproduit par une structure européenne.

Si vous ne savez pas quoi faire ce week-end, je vous recommande fortement ce film –ainsi que les autres films sélectionnés – qui sera de nouveau programmé Dimanche prochain à 17h. A la suite de la projection vous pourrez voter également pour ce dernier car il est en compétition pour un prix à l’issue du festival. N’hésitez pas à y aller tout seul ou en groupe c’est agréable de pouvoir promouvoir la culture africaine, de pouvoir échanger avec les réalisateurs et les acteurs à l’issue des projections. La météo annonce de fortes chaleurs sur Paris ce week-end, les salles sont climatisées et la sélection de films exquise : laissez-vous tenter.

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SANDUNO N.

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