Interview : Derrière Franko et « Coller La Petite » se cache son Manager Davy Lessouga, 20 ans

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Si l’amour n’a pas d’âge Wanda People, l’ambition non plus. Le phénomène « Coller la Petite » de l’artiste Camerounais Franko affichera bientôt 18 millions de vues au compteur sur Youtube et notre envie de percer le mystère de ce buzz augmente au rythme du nombre de views. Notre soif de connaissance nous a conduit vers un jeune homme discret, hyperactif, passionné, sacrément discipliné et rigoureux. Il s’appelle Davy Lessouga, il n’a que 20 ans et tenez-vous bien : le Manager de Franko, c’est lui !

Je Wanda Magazine : Bonjour Davy, tu as à peine 20 ans et déjà plusieurs cordes à ton arc. Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je suis Davy Lessouga, jeune Camerounais passionné de marketing et de management, étudiant en Marketing Management Opérationnel, co-fondateur depuis quelques mois d’une société de marketing et de divertissements baptisée « Grey Matter Corporation ». Je suis aussi en charge du management des artistes Camerounais Franko et Dareal.

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JWM : Les bancs de l’école ne sont pas encore derrière toi que tu enfiles déjà une casquette importante comme celle de Manager ! Comment est-ce possible ?

Déjà je dirais que j’arrive à concilier ces casquettes (étudiant et manager) parce que je suis un passionné et j’aime ce que je fais. En ce qui concerne le management, pour dire vrai, je ne savais pas que ce que je fais présentement est ce qu’on appelle « management ». Depuis tout petit, j’en ai toujours eu une toute autre conception. Pour moi, le Manager était celui qui dirigeait une grosse entreprise, roulait dans une grosse voiture habillé en costard cravate et surtout, qui donnait les ordres en parlant fort. Mais la pratique m’a montré tout le contraire. J’ai réellement débuté cette activité en fin d’année 2013 avec l’artiste Camerounais Pol’Anrhy, auteur du titre à succès ‘’Tu dors ta vie dort’’. J’étais son homme à tout faire, rédigeais ses communiqués de presse, officiait en tant que Community Manager, m’occupais des commandes des T-shirts etc. Jusqu’au jour où il a fallu commencer à signer des contrats. Voilà comment mon aventure a débuté et de fil en aiguille, j’ai rencontré James Lagaz et Padoue Toukap les promoteurs du Freaky Fridayz. Ils ont alors tous les deux décidé de me mettre à la tête de l’organisation de leur événement en tant qu’Event Manager et ce pour toute la première saison, que j’ai pilotée jusqu’à mon départ pour des raisons personnelles. Voilà quoi. J’ai déjà trop parlé noorrrr (rires).

JWM : Comment est née la rencontre et surtout, la collaboration entre Franko et Davy Lessouga ?

Tout d’abord en tant que grand supporter de la musique urbaine Camerounaise depuis mon enfance, Franko est un artiste que j’adule depuis un moment. Je l’ai vu remporter toutes ses compétitions de rap (Challenge Vacances, Mboa Come Test) quand j’étais petit et je me disais toujours ‘’ Le gars ci est fort, pourquoi il ne décolle pas ? Pourquoi il ne communique pas ? Qu’est ce qui se passe avec lui ?… ‘’. Début juillet 2015, alors que j’étais dans un snack de Douala pour faire mes sondages habituels, je découvre le titre « Coller La Petite » et là je me dis « Ça y est ! Ça c’est un hit ! ». Arrivé à la maison, je me suis rappelé que je côtoyais quelqu’un qui me chantait chaque jour « Davy je veux que les jeunes Camerounais qui font de la musique soient épanouis. Trouves-moi des artistes ». Le lendemain, je lui ai donc proposé de produire Franko et de me questionner sur tout ce qu’il fallait pour ça se fasse. Je suis ensuite allé à la rencontre de Franko lui-même. Heureusement pour moi, il me connaissait déjà assez dans le milieu et voilà. La suite, vous la connaissez.

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JWM : En tant que Manager, as-tu senti venir le buzz « Coller la Petite » ? Ressens-tu une pression supplémentaire ou restes-tu plutôt serein pour la suite ?

Oui. Dès la première écoute, je n’en doutais pas même si j’avoue que je ne m’attendais pas à une telle ampleur. Cependant, le plan média que j’ai réalisé dès le départ fait apparaitre des tas de trucs surréalistes que j’ai mentionné d’emblée, mais en me disant que c’était impossible que ça arrive. Pourtant, ça s’est réalisé. Pour la suite, je suis serein car je connais le potentiel de mon artiste. Franko, c’est plus de dix ans de rap. Son succès actuel est un aboutissement et non un réel coup de chance, donc je suis no stress pour la suite

JWM : Tu es jeune, tu évolues dans le Hip Hop Camerounais qui en ce moment est en perpétuelle mutation. Quel accueil t’ont réservé les ténors du métier, ceux qui tiennent d’habitude les ficelles ?

S’il faille noter sur 10, je dirai 3/10. J’ai subi et continue à subir toutes sortes de frustrations possibles et inimaginables venant des ainés de ce milieu que j’adulais pour la plupart avant. Beaucoup d’entre eux profitent de l’espace géographique dans lequel ils sont nés et de leur ancienneté pour piétiner les plus jeunes comme moi. Des gens qui pensent qu’ils ont grandi en un jour et qu’ils sont des Dieux, alors qu’ils sont fake* jusqu’aux orteils. Mais à chaque fois, je leur rappelle que ce n’est pas la longueur de la barbe qui donne la pertinence au propos. Néanmoins, il serait ingrat de ma part d’omettre le soutien que je reçois de certains ainés tels que Taphis offishall, Toukap Padoue et bien d’autres.

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JWM : Au moment même où tombe l’arrêté du Préfet de la Mifi et son désir d’interdiction de « Coller la Petite », quelle est ta réaction en tant que Manager et quelles ont été tes actions ?

Tout naturellement, j’ai été choqué. Je me rappelle avoir rédigé un courrier adressé au Préfet qui devait partir le matin vu que j’étais sur le coup de la pression. Je recevais des coups de fil de journalistes du monde entier. Mais j’ai pu revenir à de bons sentiments après avoir éteint mon téléphone. Le mot d’ordre pour toute l’équipe a alors été de ne rien faire, car on ne part pas en guerre contre l’administration.

JMW : Sur les réseaux sociaux, tu communiques très souvent autour de l’artiste béninois Fanicko. Quelle est la nature de votre collaboration ?

Fanicko De Jésus est d’abord un bon ami de Franko. Je ne sais pas trop pourquoi, mais il a kiffé notre manière de travailler mon équipe et moi, équipe dans laquelle la moyenne d’âge est de 22 ans. Nous avons alors commencé à bosser ensemble via ma boite qui à ce jour, est désormais en charge de ses relations publiques et de tout ce qui concerne son image.

JWM : Nous avons eu ouïe dire à Je Wanda Magazine que tu préparais un gros projet. Peut-on savoir en exclusivité lequel ?

Vous me wandayéééééééé hein !!! Le kongossa vous a fait quoi ? (rires)
Il y a plusieurs projets sur le feu. J’ai écrit un livre qui s’intitule ‘’Impact de la diaspora sur la Culture Urbaine Camerounaise‘’ qui sortira cette année. C’est actuellement en correction et une maison d’Édition a déjà manifesté son intérêt.

JWM : un mot pour la fin ?

J’ai envie de dire Merci à Je Wanda Magazine pour cet entretien. Votre professionnalisme est un cas d’école !

Visitez le site.

F.E

*Fake = faux

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