Interview : « J’ai failli finir en fauteuil roulant à cause du Quinimax » – Aicha Kamoise

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A l’âge d’un an et demi, Aicha Kamoise, de son vrai nom Aicha Wete, actrice, réalisatrice et productrice camerounaise, se fait injecter du Quinimax à la suite d’un sévère palu. C’est quand elle commence à marcher que sa mère se rend compte que quelque chose ne va pas. L’enfant qu’elle était souffrait alors de paralysie à cause de l’injection intramusculaire mal administrée. Phénomène hélas très répandu en Afrique subsaharienne. Récemment la comédienne a posté une photo d’elle avec un grand tatouage sur la jambe pour camoufler une vilaine cicatrice. Elle revient sur cet épisode douloureux de son enfance et l’impact qu’il a eu sur sa vie de jeune fille et de femme.

Récemment tu as posté une photo avec un grand tatouage sur la jambe, peux-tu nous en dire plus ?

Ma cicatrice, c’est une longue histoire, très longue histoire. J’ai failli finir en fauteuil roulant à cause du Quinimax qui m’avait été injecté à hôpital de la Quintinie à l’âge de 1 an et 6 mois. Cette horreur m’a paralysé le pied. Cela a d’ailleurs impacté ma croissance qui s’est vue limitée du coup. C’est tellement long que je peux même écrire un livre dessus.

Mais j’ai eu de la chance par rapport à d’autres enfants, parce que grâce au docteur Mayhem au Cameroun, j’ai pu me faire opérer très tôt en classe de CP à l’âge de 6 ans. Ce docteur m’a vraiment sauvée !

Comment as-tu vécu cela dans ta jeunesse ?

J’ai longtemps été complexée par ma cicatrice car elle était vraiment longue. Mais quand j’atteins l’âge adulte et que j’attire les garçons ça m’a rendue moins complexée. Quand je me suis mise nue devant un garçon pour la première fois et qu’il ne m’a pas vue autrement, que sa perception n’a pas changé, ça m’a décomplexée.

Pour tout dire, j’ai eu les seins très tôt, au primaire. J’étais d’ailleurs la seule avoir des seins du coup on ne s’intéressait plus à ce qui se trouvait sur ma jambe, mais plutôt à se poser des questions pourquoi elle a une énorme poitrine.

Comment gères-tu les critiques sur les réseaux sociaux ? Un conseil…

Sur les réseaux sociaux je n’affiche pas ma cicatrice, mais je ne la cache pas non plus.

Vous savez tout le monde a des défauts mais à partir du moment où tu assumes tes défauts ça n’est plus un complexe. Personne n’est nickel, si tu t’attardes sur le regard des autres tu vas passer ton temps sur la table d’opérations. Quand j’ai décidé de tatouer, une copine m’a dit, « mais tu sais, ta cicatrice tu peux l’enlever au laser ». Mais bizarrement, j’en ai eu ma dose avec les opérations, je préfère le tatouage, en plus ça rajoute un côté stylé.

Comment je gère les critiques ? Je m’en fous des critiques ! Même Beyoncé reçoit des critiques ! On m’insulte tous les jours, même Samuel Eto’o se fait insulter alors ça me laisse à 37, température normale. Le plus important c’est ce que mon homme pense de moi. Quoi que tu fasses les gens trouveront toujours un truc pour te descendre. Après je me dis souvent Dieu n’est pas fou, il ne peut pas tout te donner. Il m’a déjà donné la beauté et des formes généreuses, je dois tout simplement me contenter de ça.

Tu as des enfants ? En quoi la maternité t’a changée ?

J’ai un petit garçon du nom de Keenan qui va avoir 4 ans le 24 décembre. La grossesse ma donné encore des cicatrices (vergetures) que j’assume complètement, d’ailleurs ça ne me gêne pas de me montrer en maillot de bain sur les réseaux sociaux.

Alors célibataire ou en couple ?

Vous allez tout juste te retenir que je ne suis pas mariée, en bref je cherche encore mon CDI.

Peux-tu nous parler de ta série ?

Depuis Les Aventures Kamoises et Le Blanc d’Eyenga 2, j’ai réalisé un grand parcours et dont je suis d’ailleurs fière. J’ai pu produire ma série sans financement, ce qui n’est pas donné à n’importe qui surtout pour une fille de mon âge. Cette série s’intitule « Secret tabou », elle a 52 épisodes de 26 minutes. C’est l’histoire d’Aicha, qui après avoir passé plusieurs années en Europe, décide de rentrer en Afrique se reconstruire et retrouver son père biologique, aidée de son fiancé Henry. Sauf que tout ne va pas se passer comme elle l’avait prévu.

Les épisodes de test sont disponibles sur YouTube en format de 13 minutes.

Des projets à venir ?

Je suis actuellement en train de travailler sur un film qui si Dieu le veut, verra le jour en 2019. Pour l’instant je ne peux pas en dire plus. Parallèlement je suis une formation pour être puéricultrice ? J’en ai encore 4 ans, donc pour l’instant je n’en parle pas trop.

Un dernier mot pour les Wanda People qui voudraient faire le même métier que toi ?

Pour tous ceux et celles qui voudraient faire le même métier que moi je vous demande de ne pas vous précipiter. Surtout les filles, fermez vos jambes, car dans ce métier il y a tellement de prédateurs que si tu ne restes pas concentrée tu vas louper ta vocation. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai décidé de moi-même produire mes oeuvres. J’ai travaillé pendant 2 ans, jour et nuit en tant que serveuse pour pouvoir économiser 17.000 €. C’est ce qui m’a permis de produire la première saison de « Secret tabou ». En bref, ne pas perdre de vue ses convictions et ambitions.

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Rédaction - Je Wanda Magazine : Média afropolitain de tendances et de divertissement.

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