Témoignage : Excisée à l’âge de 8 ans, cette militante guinéenne raconte son histoire et son combat

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Wanda People, la Wanda Team marque un arrêt aujourd’hui pour vous livrer le cri du cœur d’une femme extraordinaire. Excisée à l’âge de 8 ans et de nationalité Guinéenne, Diaryatou Bah est aujourd’hui Animatrice dans un centre d’insertion sociale, présidente de l’Association « Excision, parlons-en ! ». Elle a fait de son expérience un combat pour éradiquer une pratique qu’elle trouve profondément injuste. Voici son histoire…

Reçue il y a quelques jours par le journal « Le Figaro » dans le cadre de la Journée Internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines, Diaryatou Bah, jeune activiste de 33 ans, a tenu à partager avec le monde le récit émouvant de sa vie. Souriante, calme, la voix assurée, elle se plonge dans ses souvenirs qu’elle a déjà contés plusieurs fois.

 

Issue d’une famille nombreuse – son père a 4 femmes et 32 enfants -, Diaryatou est élevée par sa grand-mère jusqu’à ses 10 ans, dans un petit village guinéen.

Un matin, quatre femmes viennent la chercher, deux lui tiennent les pieds et les deux autres les mains. En échange de sacs de riz, elles s’occuperont de son excision. «Elles m’ont coupée avec un couteau qui avait déjà servi. J’ai eu l’impression qu’on m’arrachait une partie de moi-même.» Pourtant, à ce moment-là, elle est «contente» parce qu’elle est «comme toutes les petites filles».

Après son excision, les épreuves continuent. Mariée de force à 13 ans à un homme de 45 ans, elle quitte la Guinée pour suivre son mari en France. Au début, elle croit «vivre un rêve irréel». Mais elle déchante très vite. Elle reçoit des insultes, des coups, des viols.

«J’ai vécu l’enfermement, la clandestinité, la violence. J’avais une tête d’enfant de 14 ans et un corps de femme».

Diaryatou va finir par perdre trois enfants, et lors de sa deuxième fausse couche, elle est à neuf mois de grossesse. Vous imaginez la souffrance Wanda Girls ? Ces événements douloureux, elle les met sur le compte de la violence de son conjoint qu’elle finira par quitter le 20 janvier 2004, mais aussi de son excision.

 «C’est difficile d’avoir le déclic, surtout que ma mère me disait qu’il fallait que je supporte tout ça, que j’irais au Paradis

Après un temps à vivre dans la rue, Diarytou s’en sort tant bien que mal grâce à l’aide d’associations. Elle a dû détailler son parcours de nombreuses fois avant d’obtenir un titre de séjour en 2005, puis la nationalité française en 2014. C’est à l’âge de 20 ans qu’elle prend pleinement conscience de son excision, après la publication de son autobiographie : On m’a volé mon Enfance.

«Les gens venaient me voir en me disant que c’était horrible. J’en ai parlé à des médecins, l’une d’entre elles m’a dit qu’en France peu de femmes étaient excisées. J’étais choquée. Je pensais que tout le monde était comme moi !» Elle entreprend des recherches sur le sujet, réalise qu’elle a subi une mutilation, se demande si c’est lié à la religion avant de comprendre qu’il s’agit d’une coutume. Elle s’exprime alors : «J’étais révoltée. Pourquoi on continue de faire ça ? Quelle injustice !».

Aujourd’hui, Diaryatou partage son temps entre son association, son travail d’animatrice et sa fille de 3 ans dénommée Aicha. C’est aussi pour elle qu’elle mène ce combat, pour qu’elle ne subisse pas la même expérience. «Je vais même l’emmener avec moi aux toilettes quand je rentrerai en Guinée», sourit-elle.

A l’instar d’autre fléau comme le racisme, le tribalisme ou encore la dépigmentation de la peau, la Wanda Team s’inscrit fermement contre la pratique de l’excision, porteuse de conséquences désastreuses (infections, problèmes vaginaux, saignements abondants…) sur la vie des filles. Que pensez-vous du témoignage de cette femme de courage Wanda Peeps ?

C.B

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