Chronique : Le Blackfishing ou ces femmes qui se font passer pour des noires sur Instagram

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Wanda People, un phénomène des plus Wandayants s’observe depuis quelques temps sur les réseaux sociaux, en particulier Instagram. Se présenter comme Noir alors qu’en réalité on ne l’est pas, c’est la tendance du moment qui a le mérite d’agacer. Ou ça c’est quelle magie ça encore ooh ? La Wanda Team décrypte.

Wanda Peeps, on connaissait déjà le fléau de la dépigmentation qui décape littéralement les épidermes de femmes à la peau noire, complexées, et en mal de teint clair. Mais une nouvelle « tendance » est entrain de battre en brèche le concept du complexe à sens unique.

Sur Instagram, le réseau social particulièrement dédié à l’image de soi, il se développe un phénomène étrange. Nommé « Blackfishing », il s’agit en fait d’influenceuses blanches qui se font passer pour noires à des fins plus ou moins utiles. Elles se présentent comme membre d’une communauté « black » à laquelle elles n’appartiennent pas naturellement.

Le phénomène a suscité la colère chez certaines femmes noires qui ont décidé d’épingler les adeptes de “blackfishing” sur Twitter notamment, en expliquant pourquoi cela porte atteinte aux femmes racisées. L’influence suédoise Emma Hallberg a d’ailleurs été sous le feu de la polémique, fortement suspectée d’avoir recouru à ce type de transformation pour tromper ses abonnés.

Wandayant !

Wanda peeps à bien y regarder, ce phénomène s’apparente à un “blackface” version 2.0, cette forme théâtrale de grimage ou de maquillage pratiquée au début du XXeme siècle aux Etats-Unis, où un comédien blanc incarnait une caricature stéréotypée de personne noire. La chanteuse Aya Nakamura a d’ailleurs fait les frais de cette pratique récemment.

Comble de malheur, c’est en utilisant le terme de “tendance” que les femmes se prêtant au jeu du “Blackfishing” justifient le fait d’afficher un bronzage très marqué, niant vouloir porter atteinte aux femmes de race noire. Il faut pourtant être bien déconnecté des réalités pour ne pas se rendre compte du malaise.

Ce geste qu’elles prétendent « innocent » est pourtant hautement dérangeant et à de nombreux niveaux. Car même si ce phénomène prouve que le corps des femmes de couleur est valorisé dans la représentation de la beauté, les femmes noires continuent, elle, à souffrir de racisme et autres clichés révoltants.

« Nous continuons à être des fétiches », s’insurge ainsi une jeune femme noire sur les réseaux sociaux. Car il faut bien comprendre qu’être une femme blanche qui se fait passer pour noire, de manière plus ou moins consciente, équivaut à prendre les bons côtés, en volant une esthétique, tout en ne souffrant jamais de racisme. De plus, ces femmes profitent des retombées économiques de cette pratique en obtenant des contrats publicitaires au détriment des véritables femmes de couleur.

« J’ai mis longtemps à accepter ma peau et ces filles peuvent tout retirer quand elles le veulent », souligne une autre internaute.

Pour conclure, Wanda People, l’on ne saurait nier que cette pratique constitue de l’appropriation culturelle poussée à l’extrême. Damant ainsi le pion à certaines femmes noires puisque ces demoiselles vivent de contrats publicitaires découlant de cette influence digitale.

C.B.

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