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Ambroise Mbia, l’icône du théâtre camerounais, honoré à Tunis

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Ambroise Mbia, l’icône du théâtre camerounais, honoré à Tunis

Ambroise Mbia, l’homme de théâtre camerounais a reçu les honneurs à Tunis le 9 janvier dernier, en récompense de son talent, lors d’une cérémonie à l’occasion de la quinzième édition des Journées Théâtres de Carthage (JTC), au théâtre El Hamra, tenu par Ezzeddine Gannoun.

On accuse (à tort ou à raison ?) les Camerounais de ne pas savoir rendre hommage à leurs icônes (qui de fait sont des icônes du continent africain) de leur vivant, et encore moins après leur disparition… C’est pour cette raison que JWM se fait un devoir de le faire chaque fois que l’occasion se présente : mettre sous les feux de la rampe des icônes africaines qui n’ont pas eu le rayonnement international mérité.

C’est devant un parterre de personnalités africaines du théâtre, comme le Tunisien et directeur de cette session, Wahid Essaâfi, le Sénégalais Omar Ndao, ou encore les Burkinabés Etienne Minoungou et Claude Guingané (fils du défunt Jean-Pierre Guingané à qui un hommage a également été rendu), d’artistes, de journalistes ou simplement d’amis du quatrième art, de toutes nationalités, qu’Ambroise Mbia a eu les honneurs qui lui étaient dus pour sa longue carrière au service du théâtre mais également du cinéma, de la télévision et de la… chanson !

Ambroise Mbia fêtera cette année ses 70 ans et ses 50 ans de carrière sur scène dans la pièce d’Emmanuel Dongala, «La femme et le colonel», le 27 juin prochain à Yaoundé. Joyeux anniversaire le père !

Il est à noter que les Journées Théâtrales de Carthage est un grand événement biennal du quatrième art sur le continent. Elles réunissent des pièces africaines, arabes et d’ailleurs. Une trentaine de pays y sont représentés.

Source : Kulturoskope

Merci l’artiste pour cette belle leçon de vie.

S.B.N

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QUI EST AMBROISE MBIA ?

Il est né en 1943 à Yaoundé au Cameroun. Sa profession, Metteur en scène – directeur artistique. Marié et Père de nombreux enfants, c’est une icône du théâtre au Cameroun. Son nom renvoie immédiatement aux “planches” car il est le Président des Rencontres théâtrales internationales du Cameroun, le couronnement d’une carrière bien remplie sur les planches.

L’HOMME AUX MULTIPLES CASQUETTES
Assurément, Ambroise Mbia est “ un grand homme qui a su garder la tête entre les épaules ”. Comme l’eau, il prend toujours la couleur du vase qui le contient. A Paris, il mène la vie de Parisien. A Yaoundé, il est citadin accompli et propriétaire d’un vaste domaine – bien tenu – au quartier Soa. A Mfida, il est simplement un agriculteur… pardon un Baron. Eh oui ! Après les planches, il joue toujours plusieurs rôles au quotidien. Ambroise est donc simplement un personnage insaisissable. Une vie de rôles exigeant certaines qualités : flexibilité, adaptation, compromis, diversité et vaste culture. Autant de valeurs qu’il souhaite laisser en héritage à la jeune génération. “ Le compromis me paraît la chose la plus forte à cultiver et à partage avec les autres ”, confie-t-il. Pour lui, c’est une valeur qui ouvre des portes insoupçonnées à un être humain. Malgré des couleuvres avalées et des peaux de banane sur son passage, Ambroise Mbia n’a jamais failli à cette sacro-sainte valeur. La jeune génération devrait faire sienne cette devise….
Aujourd’hui, il peut égrener à longueur de journée les retombées positives du “ compromis ” dans sa vie. Et de finir en formulant un voeu. “ J’envisage mettre en place quelque chose de formel, qui fera dans la formation des jeunes artistes. J’y réfléchis encore. Je verrai comment concrétiser ça ”. Ce sera un plus. Car, Ambroise Mbia est déjà à la tête des Rétic qu’il finance presque entièrement de sa poche.
Le sexagénaire Ambroise Mbia porte un regard optimiste sur l’avenir. Il n’en saurait être autrement pour ce chrétien catholique, qui a refusé la vie de pacha. Il en a pourtant les moyens et le talent. “ Ce n’est pas une vie pour moi ”, clame-t-il. Pourtant, il reconnaît avoir mordu la vie à belles dents. “ Oui, j’ai vécu pleinement ma vie d’artiste. Et Dieu seul sait comment ça se passait à notre époque. Mais, en toute chose, il faut toujours raison gardée. Et distinguer l’essentiel de l’accessoire ”, explique-t-il.

Son CV est impressionnant !!! Prenez le temps de le lire Wanda Peop’, c’est votre manière à vous de lui rendre hommage !

ETUDES D’ART DRAMATIQUE

– Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre-Rue Blanche-Paris ;

– Ecole d’art dramatique Armel Marin – Paris.

BACKGROUND PROFESSIONNEL

– Secrétaire général du Festival mondial des arts négro-africains de Lagos “ FESTAC 77 ” ;

– Pensionnaire pendant sept ans (1961 – 1968) à l’Odéon théâtre de France dans la Compagnie Renaud – Barrault, dirigée par Jean Louis Barrault ;

– Sous l’égide de l’Office français de coopération et d’accueil universitaire, création et direction de la compagnie “ Le jeune théâtre africain ” qui regroupe des comédiens africains, Antillais et malgaches ;

– Elu premier vice-président de la Fédération africaine des arts traditionnels à Abidjan ;

– Elu vice-président du Comité international de l’identité culturelle et du développement de l’IIT-Unesco à Caracas (Venezuela) ;

– Membre du conseil d’administration du Comité international de la formation théâtrale ;

– Expert de l’Agence de la francophonie à la commission internationale du Tthéâtre francophone ;

– Président du Comité artistique international du marché des arts du spectacle africain ;

– Membre du jury des journées théâtrales de Carthage-Tunisie ;

– Membre du jury du Festival international du théâtre expérimental du Caire (Egypte);

– Membre du jury du concours ACCT de littérature pour enfants d’Afrique centrale ;

– Membre du conseil d’administration du Comité international du théâtre dramatique ;

– Encadreur du stage d’art dramatique organisé dans le cadre des Rencontres-Sélections de “ Théâtre jeunes publics ” à Huy (Belgique) ;

– Président du Centre camerounais de l’Institut International du Théâtre –Unesco ;

– Coordonnateur national du projet Unesco “ Culture de Quartier ” ;

– Membre du Conseil d’administration de la “ Cameroon radio and television ” (Crtv) ;

– Membre du Conseil d’administration du Fonds de mobilité des artistes arabes et africains ;

– Président délégué du Festival national des arts et de la culture (Fenac 94) à Douala ;

– Président du Comité international de sélection du marché des aArts du spectacle africain ;

– Président du – Jury – théâtre – du Festival universitaire des arts et de la culture du Cameroun (Ngaoundéré);

– Président de la 6e édition du Festival international de l’acteur de Kinshasa et Brazzaville ;

– Membre fondateur du Comité directeur du Centre arabo-africain de recherches et de diffusion théâtrale ;

FILMOGRAPHIE

A- Cinéma : 15 films long métrage (acteur)

– “ L’Ile mystérieuse ” avec Omar Sharif ;

– “ Soleil noir ” (rôle principal : Patrice Lumumba) ;

– “ La Brûlure ” (rôle principal avec Winnie Burrows ;

– “ Profession reporter ” de Michelangelo Antonioni avec Jack Nicholson ;

– “ le Cercle des pouvoirs ” de Daniel Kamwa ;

– Etc ….

B- Télévision

– Acteur : 28 films

– Réalisateur ;

Mise en scène et encadrement d’une quinzaine de pièces de théâtre filmées dans “ Les Feux de la rampe ” ;

– Réalisation pour le compte du Ministère des Transports des spots et films pour l’émission “ Trafic ”.

C- Radio (theâtre radiophonique)

Enregistrement à l’Ortf de plus de 300 pièces de théâtre dans des séries d’émissions consacrées à la promotion des auteurs africains, malgaches et mauriciens (concours théâtral inter-africain, théâtre noir…)

Théâtre

A- Comédien : 57 pièces (Maurice Béjart , Georges Wilson , Laurent Terzieff , Jean Louis Barrault , Marcel Cuvelier , Jean Meyer , René De Obaldia , Jean Claude Grumberg etc..

B- Metteur en scène : 48 pièces de théâtre ;

C- Directeur d’une trentaine de stages en Afrique et à l’étranger.

DISCOGRAPHIE

-Deux disques

AUTRES ACTIVITES

– Professeur de diction et d’expression orale à l’Ecole Supérieure Internationale de Journalisme de Yaoundé et à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé ;

– Directeur artistique de plus de soixante manifestations de prestige au Cameroun et à l’étranger (réceptions hôtes de marque, congrès politiques, semaines culturelles, conférences internationales, etc…)

– Conseiller municipal de la ville d’Akono

Au ministère camerounais de la Culture

– Directeur adjoint de la Culture et de la cinématographie

– Directeur adjoint du patrimoine

– Membre de la Commission des arts et lettres

DISTINCTION HONORIFIQUE

– Chevalier de l’ordre de la valeur (Cameroun)

– Chevalier de l’ordre national du mérite (France) ;

– Chevalier de l’ordre de la pléïade et du dialogue des cultures – Ordre de la Francophonie ;

– Elevé au grade de “ Kili 98 ” lors de la cérémonie organisée à la “ Nuit des Kilimandjaro culturels africains ” en juillet 1998 à Abidjan ;

– Cérémonie de “ Consécration ” au cours du 20ème anniversaire du festival Journées Théâtrales de Carthage (Tunisie) 2003 ;

– Chevalier de l’ordre du mérite des arts, des lettres et de la communication du Burkina Faso.

LE FILS DU TERROIR

Dans son village natal – à Mfida à côté d’Akono–, Ambroise Mbia est un paisible agriculteur qui s’occupe à cultiver la terre et à faire de l’élevage et de la pisciculture. Il redistribue gratuitement les fruits de son labeur à tous ses frères du village. La symbolique de ce geste de cœur va plus loin : “ Il faut inspirer les gens. Il faut leur ouvrir l’esprit ”. Voici le leitmotiv d’Ambroise Mbia.

Cet humanisme se justifie par son attachement à la terre de ses ancêtres. Malgré une carrière internationale étalée sur une trentaine d’années, obligeant un “ long exil ”, Ambroise n’a jamais oublié ses origines. Parti du Cameroun vers les années 1950, il n’a jamais coupé le lien ombilical avec son village. Illustration. Bien qu’installé en France, il construit en 1977 sa maison de campagne à Mfida. Sans pour autant négliger la maison de son père décédé en 1970. Cet héritage paternel est d’ailleurs son plus grand patrimoine. Il y habite. Et tient à garder intact tout le mobilier laissé par son papa.

Les populations de Mfida lui rendent bien cet attachement à sa terre natale. Tout le monde salue “ un esprit attachant qui sait comprendre et aider tout le monde ”. Témoignage de son cousin – chef de village : “ Il nous accepte comme nous sommes. Il est toujours à nos côtés, dans le bonheur comme dans le malheur. Il n’est pas comme les autres. Pourtant, ce n’est pas n’importe qui dans ce pays ”. Aussi, tout le village à l’unanimité en a fait son président de sous-section du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Il n’y a pas eu d’élection. Et l’ “ élu ” de Mfida n’a pas eu d’avis à donner. “ Je voulais me dérober en expliquant que je suis souvent parti pour une longue durée. Et que je ne comprenais rien à la politique. Ils n’ont rien voulu entendre. Je n’avais pas de choix que d’accepter ”. Et l’homme joue à merveille son rôle de président de sous-section. “ Je ne leur demande rien. Ils ne demandent rien. C’est la démocratie participative où le groupe s’auto-gère sans le chef ”.

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