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Chronique : Les artistes urbains africains ont-ils une chance ? Réflexion Marketing

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Chronique : Les artistes urbains africains ont-ils une chance ? Réflexion Marketing

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#Music #Business #Marketing #Consommateur

J’avais commencé ceci comme un statut sur ma page Facebook, et au fil de l’écriture, je me suis dit que le sujet méritait bien un article un peu plus approfondi afin de le partager à un plus grand nombre de lecteurs. Ma réflexion du jour porte sur les artistes africains urbains. Ils ont le vent en poupe auprès du public ces derniers temps, mais quels sont leurs facteurs de succès dans l’avenir ?

Selon moi les artistes africains qui tireront leur épingle du jeu dans la musique urbaine à l’échelle internationale dans l’avenir, sont ceux qui réussiront à avoir une réelle valeur ajoutée au niveau musical (sonorités). Seuls ceux qui parviendront à offrir au public ce qu’il ne peut trouver ailleurs pourront intéresser le monde. Et qu’est-ce que cette valeur ajoutée ? L’héritage culturel… C’est là leur véritable avantage concurrentiel dans un secteur de plus en plus compétitif internationalement.

Tous ceux qui imiteront les Nigérians musicalement parlant, ne sortiront que très peu des frontières on va dire francophones (dans le meilleur des cas)… Seul le public local pourra éventuellement s’en satisfaire. Eh oui, compliqué de concurrencer la machine à tubes “Naija”… Je ne parle même pas de ceux qui voudront jouer les “ricains”… Breaking News –> #Obsolète #Annees2000 –> C’est MORT !

Les francophones perceront très difficilement dans les pays anglophones à cause de la langue à moins d’apporter cette fameuse valeur ajoutée sonore (Coupé-Décalé, Ndombolo, Bikutsi, Makossa…)… C’est la seule manière pour eux d’exister dans ces pays là. Sinon, faut oublier… Ils se cantonneront à la “zone Franc CFA” (donc francophone)… Ce qui en soi n’est pas mal non plus… Mais je trouve qu’aujourd’hui l’urbain a plus de chances que les rythmes dits “traditionnels” de s’exporter massivement car c’est LE potentiel facteur dénominateur entre plusieurs pays en ce moment. Mais entendons-nous, de l’urbain arômatisé aux saveurs de chez nous bien sûr.

Ceux qui veulent transcender les frontières devront donc se plier à ces contraintes du marché. Et pour qu’un pays entier se distingue à l’international, il faudra plusieurs artistes du même “genre” musical pour créer un effet de masse. Un mouvement… Une identité propre. C’est un peu ce qui s’est passé avec l’Azonto pour le Ghana, adopté (voire usurpé) par le Nigéria qui s’est chargé de le répandre en Afrique, puisqu’ayant une certaine suprématie sur le continent actuellement. Le Nigéria sans doute un peu essoufflé par cet afropop en perpétuelle quête de renouvellement, a redonné un peu de peps à sa musique via l’Azonto. C’est ce qui se passe quand un pays dominant, culturellement parlant, s’empare d’un genre musical, il le vulgarise. Autrement dit, vous ne percerez “jamais” au Nigéria en les imitant (à moins de vous faire passer pour un Nigérian… Ceux que certains essayent parfois de faire cela dit…)

Consolider le marché local

Cependant, n’oublions pas que le premier objectif de tout artiste doit d’abord être son marché local. C’est la première règle en business quand il y a un potentiel marché. Une fois que celui-ci consolidé (ou après une tentative soldée par un échec), là il peut viser l’international en second objectif… Dans tous les cas, ce sera l’un après l’autre. Viser trop de marchés à la fois, c’est comme suivre plusieurs lièvres en même temps… Il vaut mieux procéder par étape.

Ce qu’il faut retenir c’est que suivant la logique business, la musique n’est qu’un produit, et comme tout produit il doit répondre à un besoin ou le créer. Alors les produits les mieux fabriqués seront les plus consommés. “Mieux fabriqués”, je n’ai pas dit les plus “beaux”… Mais ceux qui répondront réellement à un maximum d’attentes du consommateur (public).

Les artistes qui voudront ne faire que de l’art, sans se préoccuper du public, des ses goûts, de ses attentes, des contraintes, de la concurrence n’iront pas bien loin pour toutes les raisons évoquées ci-dessus. Et pourront faire de l’art pour leurs amis, famille, voisins au mieux. Il s’agit tout simplement des principes de base répondant à la loi de l’offre et de la demande comme dans n’importe quel marché tous secteurs confondus…

Alors c’est sans grande surprise qu’au Cameroun, ce sont les artistes qui puisent de plus en plus dans leurs ressources patrimoniales (sonorités, textes, visuels, noms, titres…) qui remportent un certain succès localement pour commencer. Mais tous ne parviendront pas toujours à réellement s’exporter en grande ampleur, car ils ne savent pas toujours pourquoi leur musique fonctionne (ou pas) ou ne savent pas en voir les failles et les limites pour des marchés différents. Donc il leur sera difficile de conquérir de nouveaux marchés (publics) qu’ils ne maîtrisent pas…

En conclusion, les artistes urbains africains qui ont les meilleures chances de réussite sont ceux qui resteront authentiques quelque soit le genre musical qu’ils choisissent d’explorer. A bon entendeur…

Voir les meilleurs clips Made in Cameroon (septembre 2014)…

C.V.F

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Céline Victoria Fotso ou l'esprit créatif. Femme d'affaires, designer, community manager ou architecte événementielle, telles sont les multiples casquettes de Céline Victoria Fotso, fondatrice de Je Wanda Magazine. Riche de ses expériences multiples, cette diplômée en marketing de l'Ecole Supérieure du Management de l'Entreprise à Nice et de l'Académie des Arts et du Design de Montréal, se consacre depuis trois ans à bâtir un pôle d'activités créatives tourné vers l'Afrique. Ainsi, après avoir collaboré au sein des services marketing et commercial d'enseignes de renom telles que Yves-Saint Laurent, Michaël Kors, Smalto, ou encore Réminiscence, cette passionnée de culture, d'Afrique aux goûts éclectiques finit par créer Je Wanda & Co, un concept nouveau à mi-chemin entre le web, l'événementiel, la mode et la communication. Véritable fruit de sa brillante inventivité, et de son insatiable fascination pour les individus et la mixité des cultures. Son rêve : Incarner une Afrique jeune, moderne et en mouvement, loin des multiples stéréotypes négatifs récurrents. Autrement dit, montrer une Afrique résolument positive qui ose.

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