Home Les Tribulations des Esprits Zinzins Chronique : « P.D.R.G » de Rohff (« King ») 1/2

Chronique : « P.D.R.G » de Rohff (« King ») 1/2

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Chronique : « P.D.R.G » de Rohff (« King ») 1/2

Chronique : « P.D.R.G » de Rohff 1/2 (« King »)

Sept comme les jours de la semaine, afin d’évaluer le chemin parcouru depuis ses débuts. Sept aussi comme le temps qu’il fallût à Dieu pour qu’il créât et qu’il fît une rétrospective contemplative de son œuvre. Sept, tout simplement comme le nombre d’albums studio de Rohff. Puisque me voilà lancé dans cette anaphore numérique autant m’y tenir. Sept comme la métaphore Biblique de Joseph sur les sept vaches maigres auxquelles renverraient les périodes de passages à vides et les sept vaches grasses qui renverraient aux années de succès ! Ce septième album qui fait déjà couler beaucoup d’encre et de salive peut-il être modeste et contextuellement comparé à une merveille du monde – du rap -, la septième ? Je m’en vais vous livrer mon analyse. 

Après l’échec commercial de son précédent album « La Cuenta », le Rappeur Rohff a dû céder la très précieuse place qu’il occupait au sommet de la hiérarchie pyramidale des meilleurs Emcee de l’hexagone. Car “Lunatic”, “Futur” de Booba, “Noir Désir” de Youssoupha, “Drôle de Parcours” de La Fouine, “l’Apogée” de la Sexion d’Assaut sont passés par là. Sans citer la nouvelle génération qui monte, Guizmo, Fababy, Joke, Oli et Big Flo

La première écoute de l’album plante dans l’esprit et tout au long de l’écoute des clous sous forme de rime qui  crucifie  du doute. Les punchlines sont d’une épaisse finesse. Les instrumentales dont la qualité est à saluer, habillent l’album d’une toile de mélancolie et de rimes d’une douce violence.

King – P.D.R.G

Ces deux titres mis bout à bout annoncent la couleur et  dévoilent l’intention assumée de Rohff : reprendre sa place du « Roi du rap game ». N’avait-il pas annoncé qu’entre le rap et la street il n’y avait que la porte du studio qui sépare ? Ces deux titres  excellents dans l’art de l’égotrip et font le trait d’union entre la rue qui écoute Rohff et sa nouvelle vie qui est loin ces problématiques. Il dira dans King : « Je suis entre les quartiers auds-ch et l’avenue foch ». L’avenue Foch, symbole de l’opulence et de la richesse car située dans l’un des arrondissements les plus huppés de Paris : le 16e.

Le titre « PDRG » commence par une anaphore de l’acronyme P.D.R.G qui renvoie à Pouvoir Danger Respect et Game mais aussi à Padre Du Rap Game. Rohff y affirme sa position de mal dominant et s’explique au sujet de son retour en quelques rimes bien senties, pastiche de la célèbre expression quand “le chat n’est pas là les souris dansent” qui donne : « quand la Bugatti n’est pas là, c’est la fête des Mégane ». Cependant, la palme d’or revient à cette punchline« Mon rap n’épargne pas les petits tel un curé, amen ! » Voilà une pique dirigée contre les curés dont l’image est ternie depuis plusieurs années par les histoires de viols, mais aussi un petit message pour tous ceux qui pensaient que le rap de Housni était mort et enterré.

Maudit – Instable – Futurs Nouveaux Amis

Dans le premier titre Rohff se dévoile, avec la répétition du mot « Maudit » à la fin de chaque phrase au début du couplet on sent comme une fébrilité chez l’artiste qui expose alors là sa faiblesse. Celle-ci est bien résumée dans cette rime : on notera au passage la double opposition géométrique Carré/Arrondi ! « J’essaye de faire les choses carrées mais le diable tourne autour et les arrondies »

Chronique : « P.D.R.G » de Rohff 1/2 (« King »)« Maudit » marque l’un des changements fondamentaux de cet album. Après la révolution opérée sur les instrumentaux, Rohff se met à l’Auto Tune – sur tout l’album – s’essayant au chant parfois avec succès et d’autres fois pas. Il a demandé s’il était maudit ? A travers la répétition de ce mot, on pourrait croire  un aveu de faiblesse et que nenni ! Le texte et les rimes  s’empilent tel des Kapla pour au final offrir un édifice sonore de qualité. La chanson est magnifiquement conclue par ses rimes de remises en question et d’humilité :

« La violence me perd quand la colère me gagne
Je ressens comme de la honte quand mon public m’acclame
Il n’y a qu’assis au fond d’une mosquée que je peux trouver le calme »

La transition vers le titre « Instable » est toute trouvée, l’instabilité découlant parfois de la remise perpétuelle en question. « Instable » continue sur un instrumental bien produit. La puissance du texte est le point faible de cette chanson qui est heureusement illuminée par un refrain bien senti, bien écrit et calibré pour rester dans la tête, « Putain de mélodie, de refrain maudit » chantait 20syl dans l’album « 16 pièces ».

« Futurs Nouveaux Amis » est un texte qui transcrit sûrement le vécu. Mais plus encore il souligne les amitiés de façades et de circonstances  que ramène le succès. Cette chanson a une des meilleures punchlines de cet album : « L’affection d’une mère que je recherche en vain dans les bras d’une femme ». A ce moment précis je rêve de me transformer en Georges Clooney, me retrouver dans une pub ventant le charme de cette rime et dire le fameux « What else ? »

Zlatana – Ti Amo – J’accélère

Il m’est impossible de ne pas faire le rapprochement entre « Zlatana » et le célébrissime « StarFuckeuse ». Je suis prêt à parier que cette expression au même titre que « En Mode » et « ça fait Zizir » viendront bientôt enrichir le vocabulaire populaire. La meilleure rime de cette chanson est la suivante :

« Tu l’as rencontrée dans une chicha, elle t’a tapé dans l’œil
Mais ce que tu ne savais pas c’est qu’elle tapait les clous d’ton cercueil
»

Avis à tous ceux qui recherchent des copines superficielles…

« Ti Amo » est un titre porté par la voix suave d’une Amel Bent, sensuelle et comme à l’accoutumée, elle y délivre de très belles mélopées. La partie chantée par Rohff avant le refrain me fait me dire qu’il a bien eu raison de se convertir à l’autotune – enfin ! –  cette collaboration n’est pas sans rappeler “Hystéric Love”.

Ensuite vient le tube désigné par Rohff comme étant celui qui défendra PDRG sur les ondes : « J’accélère ». Si le texte est creux et sans profondeur il possède tout de même un point fort, le refrain. Tout comme la majorité des refrains de cet album, il est bien travaillé, bien écrit. On le retient facilement.

N Double A – Mon Son 

L’« Oseille », et l’« Embrouille » viennent un peu gâcher la fin de ce premier CD. Cependant les deux titres que sont « N Double A » et « Mon Son » achèvent l’idée de terminer ce premier CD sur une fausse note. En effet « N Double A » est avant toute chose un hommage au célèbre groupe N.W.A : Niggas Wit Attitude, formé d’Arabian Prince, Dj Yella, Dr Dre, MC Ren, Ice Cube et Easy E (R.I.P). Ce titre plonge dans les profondeurs de la violence verbale sans frontières. On peut faire le parallèle avec la même violence que l’on retrouvait dans les textes de N.W.A, notamment dans le fameux « Fuck The Police » qui leur a valu des avertissements du F.B.I.

Rohff n’est pas en reste dans le genre comme l’atteste cette rime :

« C’est pas l’histoire de fifty, une seule suffit
Si tu survis c’est que c’était pas l’bon jour crois pas que t’as huit vies »

La suite ICI.

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SANDNATH

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