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Chronique : « P.D.R.G » – Rohff (« El Padre ») 2/2

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Chronique : « P.D.R.G » – Rohff (« El Padre ») 2/2

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Vous avez apprécié la première partie de votre chronique « P.D.R.G » de Rohff 1/2, croyez bien que vous apprécierez encore plus cette deuxième et dernière partie consacrée au deuxième disque de l’album, et qui s’ouvre avec « El Padre ».

Le premier CD de l’album à peu de choses près est assez pertinent et solide pour prouver que Rohff est encore de la partie et qu’il n’a rien perdu de son talent. Mais il ne l’entend certainement pas de la même oreille parce qu’il remet le couvert avec le deuxième CD qui débute très fort avec le Titre « El Padre ».  Si vous n’aviez pas encore compris que c’était Rohff le saint patron du rap français, il vous le rappelle. Une fois de plus sur une belle production, il commence très fort avec un flow différent de celui du premier CD. Il y va à coups de punchlines assassines et ironiques pour clamer sa toute puissance. On comprend que ce titre est clairement destiné sans détour à con éternel rival : Le Duc de Boulogne aka Booba. Le début du second couplet rappelle la manière avec laquelle Booba Rap dans « Kalash ». On comprend de façon explicite qu’il s’adresse à lui lorsqu’il fait référence aux évènements récents : la bagarre à Miami, les joutes verbales sur Twitter, Ballotelli, Benzema… « Tout ce que tu touches n’as plus de buzz benze ne marque plus ».

Determine – En Mode –Teamrohff – ZGA

« Déterminé » commence par un inventaire de tous les départements de l’île de France. C’est important d’avoir du soutien tout bord, même quand on s’appelle Rohff. L’instrumentale est une fois de plus bien produite, s’inspirant des instrumentales du « Doughie » le refrain n’est pas assez travaillé, mais que demander de plus à une chanson calibrée à mon sens pour la scène ? « En mode 3 »  « Teamrohff » et « Zga » sont selon moi  des titres qui viennent un peu salir la copie quasi propre de l’élève Rohff – Humour, humour : je préfère aviser. Je vous connais – ! Ils feront peut-être de belles chansons pour la scène, et j’en doute.

L’artiste – J’assume – Dounia

chronique-rohff-pdrg-jewanda-4Au terme de cette balade musicale Rohff nous gratifie de deux bons titres que sont « L’artiste » et « J’assume ». A travers  le premier, on constate que Housni a complètement adopté l’autotune – et ça lui réussit plutôt bien sur ce titre – le refrain est empreint de sincérité et je me dis qu’il est meilleur sur des chansons introspectives, celles où il se dévoile. « Je sature je cours après les mots, j’ai des courbatures toute une carrière sur le dos ».

Il apporte une réponse sur sa complexité et une fois de plus sa fragilité à travers cette rime : « Torture par le fond la forme n’est qu’un détail ». Rohff est donc un artiste qui a des choses sur le cœur. Il s’exprime par le canal du rap. Parfois son talent donne naissance à des perles comme regretté et à des chansons moins abouties ou moins accrocheuses  comme « En mode 3 ». « J’assume » traite du racisme avec un texte bien construit et cohérent tandis que « Dounia » est une démonstration de force. Exercice de style que Rohff semble bien apprécié.  Ce texte est axé sur la thématique de la religion, sujet cher à Rohff.

L’incontinence artistique n’est pas toujours une qualité au même titre que la durée d’une chanson hors format radio ne fait forcement de cette dernière un classique. Si comme souligné plus haut la qualité des instrumentales n’est pas à admonester, la longueur de l’album est à mon sens un des problèmes majeur de cet album. Il aurait fallu un Rick Rubin pour élaguer un tout petit peu ce travail afin de ne tirer que la quintessence du projet. Le fil d’Ariane étant tendu à l’extrême eu égard à la longueur de l’album et ceci au risque de le casser. Mais la vraie question qui est celle de savoir si c’est album est convainquant est oui ! On ne peut pas faire fi de sa cohérence. Le Rohff nouveau est arrivé ! L’utilisation plutôt réussie d’autotune est une grande première. Il faut aussi souligner la puissance des instrumentales qui mettent bien en valeur ce projet ambitieux mais réaliste.

La perfection n’est rien d’autre que l’accumulation de petits détails, si Rohff et son équipe avaient pu élaguer cet album, en faisant un album de 16 voire 17 pistes, ils auraient pu frôler la perfection. Il ne reste plus que l’ultime verdict qui sera donné par les chiffres de ventes. Heureusement il y a peu de chances qu’il neige en plein mois de Septembre.

« Je ne peux pas plaire à tout le monde en toute amitié, dans un monde où même Dieu ne fait pas l’unanimité » Youssoupha.

Note : 4 Balafons

Légende 

1 balafon = Mauvais album !

2 balafons =Album moyen !

3 balafons = Album prometteur !

4 balafons = Bon album !

5 balafons = Classique

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Sandnath

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1 COMMENT

  1. J’ai cherché toutes tes chroniques sur Je wanda et je me suis rendu compte que peu de gens les commentent. j’ai compris pourquoi et ca a confirmé l’idée que j’ai de toi. SandNath tu es un/une chroniqueur de talent. j’adore tes approches et le soin que tu prend pour analyser les contours d’un album. ca nous change des apprentis sorciers qui pullulent avec l’accessibilité du net. j’aimerai travailler avec toi. si ca te dis, un mail à zocorleone@yahoo.fr
    Salute

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