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Culture : Le livre blanc de la musique urbaine camerounaise 2013

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Culture : Le livre blanc de la musique urbaine camerounaise 2013

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Wanda People, le tout premier livre blanc de la musique urbaine camerounaise vient de voir le jour grâce à l’agence Pannelle & Co spécialisée en conseil en Direction artistique, Relations Presse et Marketing Digital.

D’une quarantaine de pages, “Le livre blanc de la musique urbaine camerounaise” propose un résumé de la situation de ce courant musical en ce début de 2014, en revenant sur les événements, faits marquants, tendances, en bref, ce qui aura marqué l’actualité de la musique urbaine au Cameroun l’an dernier, et ce qu’il faudrait attendre ou atteindre pour la nouvelle année.

L’objectif du dossier est de servir de point de repère pour évaluer les avancées de manière annuelle dans les différents secteurs composant une industrie encore titubante mais prometteuse. Ce qui pourra s’avérer utile aussi bien aux artistes qu’aux promoteurs culturels ou encore, les médias. Cette analyse détaillée sera transmise au Ministère de la Culture camerounais, dans le cadre d’un appel à projets soutenant la professionnalisation du secteur.

Pannelle & Co est une agence créative et multi-services, fondée par Paola Audrey Ndengue. L’agence offre des solutions adaptées et pertinentes selon les besoins de ses clients dans le conseil en Direction Artistique et Production, en Relations Presse, Marketing Digital, en Community Management & Brandec Content et en Stylisme.

Excellente initiative qui on l’espère saura donner quelques clés supplémentaires à tous ces acteurs directs et indirects de la scène urbaine camerounaise afin que se développe un secteur à fort potentiel générateur de revenus et créateur de valeur. Au minimum, cela motivera certains à vouloir paraître dans celui de l’année prochaine dans un esprit sain de compétition !

Voici dans les grandes lignes ce que vous y trouverez…

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Les faits marquants de 2013

Le dossier revient sur les faits marquants de 2013 tels que la disparition de Meric, l’une des plus grandes figures du graffiti et du Street Art au Cameroun (R.I.P), le “phénomène” Stanley Enow et son tube “Hein Père”, le prétendu rappeur “à la recherche du buzz perdu” Maalhox (non, pas le médicament), le retour “mitigé” des X-Maleya et le “rendez-vous manqué” de Duc-Z…

Web : Mboa Urban Music, en ligne dès le 10 juin 2013

Les tendances majeurs de 2013

Les compilations. En 2013, les compilations mettant en avant les artistes deviennent à la mode. En juillet 2013, le ton est donné par la Mboa Tape Vol. 1 par le site Mboa Urban Music, révélant des artistes camerounais Rap, R&B, Soul ou Afropop qui étaient encore méconnus pour beaucoup, et donnant ainsi un coup de pouce à leur notoriété. Son succès en a inspirera d’autres telles que “Vibrations urbaines” et la “Kurbain Tape”.

Côté labels. les nouvelles écuries de la musique urbaine camerounaise émergent progressivement. Motherland Muzik, MuMak/Midas Management, Red Eye Entertainment, Newest Universal Music, A. Music Group ont été actifs cette année, mais le mérite revient principalement au label New Bell Music très prolifique en 2013.

Le retour de la “Camerounisation” du Hip Hop. Une autre tendance s’est clairement distinguée en 2013 selon l’étude, une certaine “camerounisation” du Hip Hop, pour notre plus grand plaisir.

Du “Kwat’n’b” (R&B de rue camerounais) à l’ Afro-Trap Music, les noms varient mais le principe reste le même. Les artistes urbains camerounais ont pr- esqu’unanimement décidé de rajouter une forte dose de couleur locale à leur musique en 2013.

Clip : « Kotopi na Bush Meat » - S.M.S

“Bangando Star”, “Hein Père”, “Kotopi na Bush meat”, “C’est quoi ton way”, “Mukwatta”, “Luv”, « Go Kass », « Ca se passe ici » sont autant de titres qui ont valorisé le Cameroun dans leur texte cette année par l’emploi d’un patois, la reprise de classiques de Makossa ou encore le choix d’inclure des instruments traditionnels.

Nouveau palier pour les vidéos. Dans son ensemble, sur le plan de la qualité, le Cameroun a connu un grand bond en avant dans la production de clips vidéos de Hip Hop et Afropop. Une image en HD, des semblants de scénarios, un effort de chorégraphie pour certains.. on peut noter une certaine forme de créativité, même si l’approche reste encore très linéaire dans l’ensemble.

En 2013, on peut affirmer que les meilleurs réalisateurs dans le domaine sont Shamak, Adah, Bertrand “February 16th” Ndukong, Régis Talla, NS Pictures, Napster et Mbeng Ngassa (Archaic).

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Wy5dEQzmcuc[/youtube]

Web et Musique

Multiplication d’acteurs et influenceurs digitaux. 2013 a vu naître un certain nombre de nouvelles plateformes dédiées à la culture camerounaise. Dans l’ensemble, celles-ci sont plutôt des pages Face- book communautaires ou alors des sites webs/blogs. Pour le 1er cas, en termes statistiques, “Les Filles Njokah” est la plus populaire du Cam- eroun avec près de 98% de ses 35.000 fans résidant sur place.

Les pages “Rumeurs du Kmer”, “Les Ways Ndolè”, “Camer24” et bien d’autres reprennent à peu près le même principe: partager des photos d’actualité camerounaise et internationale, avec des images supposé- ment drôles qui inciteront au partage et au like. Une analyse rapide démontrera tout de même qu’une bonne partie sinon la majorité des abonnés à ces diverses pages est situé hors du Cameroun.

JWD-Mag-Logo_HD_R&BEn ce qui concerne les blogs et sites web, les sites d’information généralistes (Cameroon Info, Camer.be, Journal du Cameroun..) restent encore majoritaires face aux sites dédiés à la culture et l’entertainment, mais on peut saluer l’arrivée de Je Te Ya Mo, Kaolo Mag, Mboa Urban Music, Au Letch, Kongossa en Exclu, VRJ Music et sur- tout Ndjoka.com.

Ils viennent rejoindre les rangs de Kurbain, Je Wanda Magazine, Camer- Mix, Dulce Camer, NexDim Empire, Culture Ebène et Tip Top Stars.

En absence de classement basé sur sur leurs trafics respectifs au Cameroun, il n’est pas très évident de savoir lequel de ces blogs/sites a véritablement de l’influence. Ceci étant, sur les plans numérique et qualitatif, le marché est loin d’être saturé, notamment ceux couvrant véritablement les événements sur place et produisant leur propre contenu vidéo et photo, car jusqu’ici, la majorité des sites se limite à de la reprise de contenu à 90%.

(Pour notre part chez Je Wanda Magazine, nous comptons plus de 100 000 visiteurs uniques par mois.)

 

Comptes Média les plus actifs sur Twitter - Décembre 2013 © Social Bakers
Comptes Média les plus actifs sur Twitter – Décembre 2013 © Social Bakers

 

Quand le Cameroun tweete. 2013 a été l’année de Twitter au Cameroun, avec une augmentation significative de camerounais rejoignant le site déjà bien fréquenté par les camerounais de la diaspora. Avec approximativement 800.000 internautes au Cameroun, dont la moitié serait sur Facebook, Twitter peine à franchir la barre des 50.000 utilisateurs au Cameroun… notamment à cause d’un internet mobile trop cher. Ceci dit, pour ceux qui y sont déjà, ils alimentent les conversations notamment via l’emploi des hashtags. Le document vous offre un aperçu de Twitter au Cameroun au mois de décembre 2013 avec ses influenceurs, ses marques et médias les plus actifs.

Bon, laissez-nous nous vanter quand même 2 secondes… Youyou youyou youyou 🙂

Le Streetwear : entre développement et opportunisme.

Le Streetwear camerounais est intimement lié à l’évolution de la musique urbaine. Les artistes n’hésitent plus à s’appuyer sur des lignes de t-shirts comme outils de promotion et source de revenus supplémentaires. C’est le cas pour les t-shirts “On est High Père” de Stanley Enow, “La bière c’est combien ici” de Maalhox ou encore “Abélé” de Michaël Kiessou. Ces produits dérivés connaissent souvent une durabilité très limitée sur le marché.

D’autre part, la diaspora est également très active avec notamment la marque French Kind (U.S.A.) ou encore, les différentes collections de la marque “Yaoundé Clothing”. D’autres marques locales comme Anofel Wear, HeartBeat ou Jasaid sont également à citer.

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© French Kind

Communication, Médias et Evénémentiel

Le livre blanc de la musique urbaine camerounaise fait également une analyse intéressante de l’implication des médias dans l’essor de ce courant musical plébiscité par les jeunes camerounais. Ainsi, l’étude avance que la musique urbaine camerounaise souffre encore du “plafond de verre”. Ce phénomène est intimement lié à l’histoire originelle du Hip Hop, qui est passé de musique ghettoïsée à un genre musical plébiscité et lanceur de tendances. Mais il a fallu près d’une vingtaine d’années pour que cette opération se fasse aux Etats- Unis, il ne faut donc pas s’étonner que cela prenne encore un peu de temps au Cameroun. Les médias constituent un passage incontournable dans cette normalisation de la musique urbaine, notamment la radio et la télévision.

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Quelques éventuelles explications basées sur d’autres pays africains :

– Le dynamisme du secteur audiovisuel privé, avec la naissance de chaînes exclusivement dédiées à la musique urbaine locale

– La limitation par les autorités du nombre d’heures de contenu international diffusé à l’antenne. Cela a par exemple poussé des chaînes internationales comme MTV Base Africa a devoir (de force) privilégier la musique urbaine locale au Nigeria.

« Urbaniz » sur Equinoxe TV (animée par Fidjil), « Access Africa » sur Boom TV (animée par Don Jumper) et « Génération 2.0 » (animée par Brice Albin) sur la radio Nostalgie sont parmi les programmes les plus au point dans le domaine.

L’on est heureux de constater une communication des artistes plus professionnelle, la multiplication d’événements dédiés à la culture urbaine et que d’autre part, les événements plus grand public incluent de plus en plus des artistes urbains à leur programmation. Ont retenu l’attention du Livre blanc le MTN i-Fest et les SONNAH Awards, avec une analyse des points positifs et négatifs.

Single : « Kaki Mbéré » - Gasha

Gasha

Et 2014 ?

Les artistes à surveiller en 2014. Pour conclure, le livre blanc de la musique urbaine camerounaise dresse une liste non-exhaustive de quelques artistes qui seront à surveiller en 2014 :

Gasha

Magasco

Jovi

Zayox

Edel Koulla, Amatula, Teety Tezano et Ciana Banks. Chacun d’eux promet la sortie d’un projet musical ou des collaborations intéressantes pour 2014.

Recommandations pour 2014.

– Le Cameroun étant qualifié pour la Coupe du Monde de Football au Brésil, il faudrait envisager différentes manifestations culturelles liées à l’événement, notamment en s’appuyant sur la créativité de la jeunesse et comment elle interprète la présence du Cameroun lors de cette compétition.

– L’étude préconise également plus de co-branding. Les différents acteurs de la culture devraient envisager d’accroître leurs partenariats, que ce soit dans l’événementiel, les médias ou la production musicale, mais également les marques.

– Un volume et rythme de production musicale accéléré. Le mois de décembre 2013 a par exemple été assez pauvre en nouvelles productions musicales dans le domaine urbain, alors que la fin d’année est une période propice pour cela.

– Et enfin, les différents sites web communautaires camerounais se focalisant sur la culture urbaine et l’événementiel devraient mieux travailler leur communication en ligne, une meilleure indexation sur les moteurs de recherche, ainsi qu’une politique de communication virale personnalisée et adaptée à leur ligne éditoriale entre autres.

 

Télécharger le document complet ICI.

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REFERENCES

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