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Gmail piraté : la tension monte encore entre Google et la Chine

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Gmail piraté : la tension monte encore entre Google et la Chine
Une nouvelle fois, des centaines de comptes Gmail ont été piratés, et Google accuse la Chine d’être à l’origine de cette opération. Il va falloir s’y habituer, la cyber-guerre est parmi nous, et fait actuellement l’objet d’une dangereuse surenchère.
Les relations entre la Chine et Google se sont à nouveau tendues. Après avoir été la cible d’une opération de piratage qui visait des comptes Gmail de dissidents chinois, Google avait, début 2010, déjà haussé le ton avec Pékin et refusé de pratiquer certaines censures. Cette affaire, bien connue sous le nom d’Aurora, avait fait grand-bruit et contribué à dégrader les relations entre Google et la Chine. L’État américain s’en était également mêlé.
Or, l’histoire semble se répéter. Google vient en effet de jeter un nouveau froid en révélant sur l’un de ses blogs officiels avoir découvert une campagne de collecte de mots de passe, probablement par « phishing » ou « hameçonnage », visant à copier des mots de passe de comptes Gmail et à récupérer leurs contenus.
« Cette campagne, qui semble provenir de Jinan, en Chine, semble toucher les comptes Gmail personnels de centaines d’utilisateurs, et notamment, entre autres, de hauts responsables du gouvernement américain, des militants chinois, des fonctionnaires de plusieurs pays d’Asie, principalement de Corée du Sud, des militaires et des journalistes », écrit ainsi Eric Grosse, ingénieur au service de la sécurité chez Google.
Il n’en fallait pas plus pour jeter de l’huile sur le feu et tendre les relations diplomatiques : les autorités américaines ont fait part de leur “inquiétude” au gouvernement chinois ainsi que de leur souhait de le voir enquêter sur le sujet. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton juge “très graves” les accusations portées par le géant américain de l’Internet.
Selon Google, l’origine de cette cyber-attaque a pu être identifiée à Jinan, la capitale de la province du Shandong (Est), où se trouve un commandement militaire chinois, et où, surtout, se trouve une école formée avec le soutien de l’armée, et qui avait déjà été accusée d’avoir pénétré les serveurs de Google l’an dernier. La Chine a fermement démenti ces accusations.
Et celle-ci se fait d’ailleurs entendre à travers sa presse : « Les accusations de Google sont inventées, elles ont des motifs cachés et des intentions malhonnêtes », écrit le Quotidien du peuple.
Lequel journal répète d’ailleurs à peu près ce que disait le ministère des Affaires étrangères. A savoir : Google a « délibérément donné du crédit à l’image négative que l’Occident a de la Chine et a fortement sous entendu que les cyber-attaques étaient l’œuvre du gouvernement chinois ». Le quotidien chinois va même plus loin et menace : « Google ne devrait pas trop se mêler des querelles diplomatiques, jouant ainsi le rôle d’instrument du débat politique ».
Les relations entre Google et la Chine sont conflictuelles depuis la découverte l’an dernier de la tentative d’espionnage de comptes Gmail de dissidents chinois, et la décision de la société américaine de fermer son moteur de recherche en Chine continentale qui avait accepté les règles de la censure chinoise, au profit du site basé à Hong Kong, région autonome non soumise aux mêmes règles de censure.
Cette nouvelle crise intervient alors que, selon le Wall Street Journal, les Etats-Unis s’apprêtent à décréter que toute cyber-attaque sera désormais considérée comme un « acte de guerre » susceptible d’entraîner des représailles pouvant aller de sanctions économiques à une riposte graduée de tous ordres, électronique ou militaire classique.
La nouvelle doctrine américaine risque de provoquer une sérieuse escalade dans ce qui reste largement une guerre de l’ombre que se livrent quelques services spécialisés dans moins d’une dizaine de pays. Et nous, simples utilisateurs, on est en droit de se demander si finalement nous sommes en sécurité sur Internet.
Alors, Bienvenue dans l’ère des cyber-guerres.

POSAH

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