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Interview : Hiram Samuel Iyodi, Président de la Synergie de la Jeunesse Camerounaise (S.J.C.)

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Interview : Hiram Samuel Iyodi, Président de la Synergie de la Jeunesse Camerounaise (S.J.C.)

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Le 15 février dernier à Douala (Cameroun) avait lieu le lancement officiel de l’association Synergie de la Jeunesse Camerounaise (S.J.C.). Une initiative de jeunes camerounais qui prouve que ces derniers se préoccupent mais surtout se mobilisent pour l’avenir de leur cher pays. Nous sommes allés à la rencontre de leur Président, Hiram Samuel IYODI, un jeune homme brillant déjà auteur d’un ouvrage et qui partage avec nous les objectifs de son organisation, les actions mises en place et ses motivations en tant qu’individu. Découvrez la première partie de cette interview riche et inspirante.

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Je Wanda Magazine : Bonjour. Peux-tu nous présenter votre mouvement en quelques mots pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Hiram Samuel Iyodi : Bonjour à tous les lecteurs de Je Wanda Magazine. Je me nomme Hiram Samuel IYODI et je suis depuis Septembre 2013, à la tête d’une organisation dénommée Synergie de la Jeunesse Camerounaise (S.J.C.). La SJC se définit comme une plateforme participative de réflexion, de propositions et d’actions ; par, et pour les 15 – 35 ans de notre pays (le Cameroun NDLR). Nous ambitionnons de mobiliser nos congénères à penser, proposer et surtout mettre en œuvre des solutions consensuelles, face à toutes les difficultés quotidiennes inhérentes à leur quête d’épanouissement et/ou d’accomplissement. Notre mouvement associatif s’investit principalement dans les trois pôles suivants :

  • L’Économique : L’amélioration des compétences des jeunes et le développement de l’esprit d’entreprise
  • Le Social : La vulgarisation de la solidarité communautaire et de l’engagement citoyen
  • Le Culturel : La valorisation des traditions et la revalorisation de notre histoire en tant que Nation

Vous aurez compris notre finalité. Nous entendons construire un nouveau jeune, un nouvel homme, un nouveau citoyen qui pense ses problèmes en adulte et se donne les moyens de se réaliser par lui-même… pour la multitude !

J.W.M. : Vous avez officiellement lancé vos activités le 15 février dernier, une occasion de présenter le Carnet de l’Engagement pour la Jeunesse, document de 75 pages. Cela a dû demander beaucoup de travail pour le produire ! Comment vous êtes-vous organisés ?

Carnet-de-LEngagement-Jeunesse-camerounaise-jewandaH.S.I. : En réalité, même si officiellement existante depuis Septembre 2013, l’idée de mettre sur pied ce qui allait devenir la SJC remonte plutôt à Décembre 2011. Au lendemain de la célébration du cinquantenaire de notre indépendance, nous voulions contribuer selon nos capacités à doter notre génération d’un THINK & ACT TANK capable de répondre aux besoins d’expression des moins de 35 ans. Notre volonté était et demeure, d’enclencher une dynamique qui va bien au-delà, un, de la critique de l’establishment et deux, de la vaine revendication. En vue de fédérer des jeunes autour de projets/programmes qu’ils sont capables de réaliser par eux-mêmes. Ce, en mutualisant leurs énergies, leurs ressources et surtout leurs compétences. Le but étant de contribuer à doter le Cameroun de leaders,  patriotes, travailleurs, responsables et soucieux de bâtir une nation économiquement prospère et fière de son histoire autant que de sa diversité culturelle.

Vous êtes sans ignorer que le propre de toute organisation qui se veut efficace et durable est de se fixer des buts et des objectifs quantifiables et mesurables, afin de mieux définir les moyens par lesquels elle désire les atteindre.  Une fois la mission de l’association définie et les pôles d’implication arrêtés, il ne nous restait plus qu’à décliner notre vision en objectifs puis en actions. Pour ce faire, nous avons mis à contribution les 18 membres fondateurs et nous sommes parvenus à définir, en fin d’année 2012,  un plan d’actions sur 5 ans. C’est sur la base dudit plan d’action que nous avons conçu notre organisation interne.

A la suite de notre enregistrement auprès des autorités administratives camerounaises en Août 2013, nous avons entrepris de rencontrer des aînés, des décideurs, des figures de proue de la société civile, des jeunes entrepreneurs et leaders d’association … pour partager avec eux notre vision de l’engagement des 15-35 ans au service du développement socioéconomique et culturel du Cameroun. Cette expérience nous a fait saisir l’urgence de formaliser cette vision en un « instrument », pour garantir la permanence du discours que nous tenions à nos interlocuteurs. C’est à ce moment que nous avons de concert opté pour la rédaction du  CARNET DE L’ENGAGEMENT POUR LA JEUNESSE. Le travail en amont effectué, les responsables des comités et des projets se sont chargés, chacun au vue des  objectifs à lui assignés, d’apporter leur contribution à la rédaction de ce Guide du Bon Citoyen.

Un peu plus de 70 jours de rédaction puis un mois de relecture et de mise en forme/images auront donc permis de concrétiser ce document de 75 pages, mis à la disposition du grand public depuis le 15 Février 2014 ; disponible sur notre site internet  www.sjc-online.com.

[youtube]http://youtu.be/B4e6xZsGfXM[/youtube]

J.W.M. : On ressent à travers ce carnet une véritable volonté d’interpeller la jeunesse sur son rôle, et de lui inculquer surtout l’esprit de citoyenneté et d’entreprise. Quand on sait qu’Internet c’est 4-5% de taux de pénétration au Cameroun, quelles initiatives prévoyez-vous pour faire connaitre votre cause auprès du plus grand nombre de jeunes en dehors du net ?

H.S.I. : Notre stratégie de promotion du Carnet de l’Engagement pour la Jeunesse se décline en 3 phases :

  • La mise à disposition de la version numérique sur notre site internet ;
  • Les activités de présentation au grand public ;
  • L’approvisionnement des bibliothèques scolaires.

Le Guide du Bon Citoyen est en effet disponible en téléchargement gratuit sur le site internet de notre association depuis le 15 février 2014. Comme vous le savez, la communication a un coût ! Fort de nos modestes moyens, nous avons en priorité opté pour cette approche qui est peu coûteuse et disponible à tous, partout et à tout moment.

Le 15 février 2014, les soixante participants à notre activité de lancement à Douala, ont chacun eu l’opportunité de rentrer avec un exemplaire papier du carnet. Nous envisageons des présentations similaires dès la prochaine rentrée académique dans les Universités de Douala, Yaoundé et Buéa.  Ceci me permet d’ailleurs de porter à l’attention du public, la mise à disposition très prochaine de la version anglaise du Carnet de l’Engagement pour la Jeunesse. Nous l’envisageons pour le début du mois de mai 2014.

Avec le concours de remarquables partenaires, nous nous sommes donnés pour objectifs d’approvisionner en carnets, autant de bibliothèques d’établissements d’enseignements secondaires que possible, sur l’ensemble du territoire national d’ici la fin de l’année 2015. Nous espérons par ce biais toucher en deux ans, une large proportion de notre population cible : les 15 – 35 ans et les inciter à « prendre leur place », en « faisant leur part ».

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J.W.M. : Ce carnet est une vraie mine de propositions, centrées sur l’adoption de comportements plus responsables et matures. Les jeunes connaissent de nombreux problèmes, dont ils ne sont pas forcément à l’origine : chômage, formation, orientation scolaire, précarité. Ne pensez-vous pas que la résolution de ces problèmes est une étape importante dans l’atteinte de vos objectifs ?

H.S.I. : Absolument ! C’est bien le souci de contribuer à la résolution de ces problèmes qui motive notre action. Outre la promotion de la solidarité communautaire et de l’engagement citoyen, notre Carnet aborde les problématiques d’orientation scolaire-formation et de chômage qui, si elles sont mésestimées, concourent  inéluctablement à la précarité. A cet effet, avec le concours du GICAM, nous avons défini une série de Projets Emploi & Entrepreneuriat Jeunesse. Deux d’entre eux sont brièvement présentés dans la rubrique PROJETS de notre carnet, en l’occurrence,  le JOB DATING et le SALON DES MÉTIERS.

Le JOB DATING qui devrait en principe être organisé concomitamment à l’université d’été du GICAM en juin prochain, s’adresse aux étudiants locaux et chercheurs d’emploi. Il vise dans un premier temps, à instruire des outils et méthodes de recherche d’emploi afin d’habiliter les étudiants à défendre leurs projets de carrières et,  en second lieu, permettre aux étudiants d’établir un premier contact avec des employeurs pour se distinguer lors des interviews d’une durée maximale de 5 minutes.

Le SALON DES MÉTIERS dont la première édition sera organisée en septembre prochain est une activité à l’attention des lycéens/collégiens en fin de parcours. Il consiste à user des Jeunes Cadres insérés en entreprise pour dispenser des conseils pragmatiques à leurs “cadets“ notamment: les qualités à avoir pour exercer avec passion, les compétences que les études développent, les débouchés réels et à venir, ou encore les spécialités importantes pour le futur. L’objectif visé est de  contribuer à pallier aux incohérences observées dans le phénomène de l’orientation académique ainsi que des incidences sur l’inadéquation entre les formations universitaires et les offres d’emplois.

J.W.M. : Dis nous-en un peu plus sur toi, sur ton parcours. Qu’est-ce qui t’a conduit à participer à cette aventure et qu’est-ce qui te motive tant ?

Hiram-Samuel-Iyodi-sjc-jewanda-2H.S.I. : Je suis né il y a 27 ans, de l’union d’un jeune polytechnicien camerounais et d’une commerçante. Je suis l’aîné d’une famille de 3 enfants. J’ai effectué mes études secondaires au collège Alfred Saker puis au collège Libermann à Douala. C’est là que sont nées ma passion pour la vie associative à travers mon implication dans le mouvement scout et ma conviction que servir coûte et vaut plus que se servir. Baccalauréat D obtenu en 2004, je me suis envolé vers le Québec où j’ai été diplômé en Génie des procédés chimiques.

J’ai eu le privilège d’être encadré dès mon arrivée au Canada par des « grand-frères » qui vouent un optimisme certain en l’avenir du continent africain. Ces derniers m’ont encouragé à m’investir dans divers mouvements de promotion de la culture camerounaise et, c’est ainsi que j’ai pris la tête de l’association des Camerounais(es) de la ville de Québec en 2008, forte d’un peu plus de 200 membres. Je suis également le co-fondateur de l’association JEUNESSE SAWA CANADA qui a activement participé à l’organisation du Ngondo ô Canada 2009. Au terme de mes études en 2011, j’ai opté pour un retour au Cameroun où j’exerce depuis bientôt 3 ans, des responsabilités opérationnelles comme Auditeur Oil&Gas au sein d’une firme conseil.

Partant d’une initiative collective, et conscient de ce que l’Afrique de 2040-60, avec ses deux milliards d’habitants (dont plus de la moitié sera alors âgée de moins de 30 ans) et son extraordinaire potentiel agricole/minier/énergétique sera le cœur de l’économie mondiale, j’ai saisi l’occasion de la célébration du cinquantenaire des indépendances des nations africaines pour publier en Septembre 2011, un ouvrage intitulé « Mes Rêves de Jeune…Le Cameroun des 50 prochaines années ». Ce livre propose une démarche d’éveil de conscience et de réalisation de leur plein potentiel par les jeunes, afin que l’avènement de cette Afrique Prospère ne se fasse pas à notre préjudice. J’y insiste sur la nécessité de nous auto-éduquer et auto-former pour être non des spectateurs, mais les réalisateurs de cette croissance africaine.

Le succès qu’a connu l’ouvrage à sa parution a été le leitmotiv qui m’a poussé à réfléchir avec quelques amis et frères sur les opportunités de matérialiser les propositions y formulées. C’est de là qu’est née l’initiative SYNERGIE DE LA JEUNESSE CAMEROUNAISE.

Découvrez la suite de l’Interview de Hiram Samuel Iyodi qui vous dira comment il imagine le Cameroun dans dix ans ?

Samedi 26 avril 2014, L’association SJC organise à Paris une Conférence – Comment la jeunesse de la diaspora doit-elle participer à l’édification du Cameroun émergent ?

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