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Interview : Romarick Atoke – « Il est de notre devoir de nous mobiliser pour construire l’Afrique »

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Interview : Romarick Atoke – « Il est de notre devoir de nous mobiliser pour construire l’Afrique »

Romarick Atoke : « Il est de notre devoir de nous mobiliser pour construire l’Afrique »

Vous avez à plusieurs reprises eu l’occasion sur Je Wanda Magazine, de vous informer sur l’association AfriKarchi ou encore sur l’une de ses action. Vous vous doutez bien Wanda Peep’s que derrière ces grandes réalisations se cache(nt) un, sinon plusieurs cerveaux. Votre Magazine vous donne la possibilité d’en savoir plus à ce sujet à quelques semaines du Concours Archigenieur. Voici l’entretien avec Romarick Atoke, Président Fondateur d’AFRIKArchi et Directeur de Global Archiconsult, entreprise d’architecture – construction – design et de conseils.

Je Wanda Magazine (J.W.D) : Pourquoi avoir orienté la deuxième édition du Concours Archigénieur Afrique vers la conception ou la réhabilitation d’un marché en milieu urbain en Afrique ?

Romarick ATOKE (R.A) : Effectivement, pour cette deuxième édition, nous avons avec un panel d’experts et de professionnels, orienté le thème vers la conception ou la réhabilitation d’un marché en milieu urbain en Afrique. Ceci s’explique compte tenu des multiples enjeux que revêt un tel programme du point de vue des relations sociales, des flux et de la mobilité, de la gestion des déchets ainsi que des stocks, de l’hygiène, ou encore des enjeux environnementaux. L’intérêt de ce programme est d’articuler l’ensemble de ces questionnements, à une réflexion sur le plan architectural et urbanistique, en portant aussi une attention particulière à l’utilisation des matériaux locaux.

J.W.D : Qu’est-ce qui t’a marqué dans les projets présentés l’année dernière ?

R.A : Il y a deux choses qui m’ont particulièrement marqué. La première, c’est le fait de quelques projets proposés, qui montraient encore de façon très flagrante l’influence que l’architecture occidentale peut avoir sur les acteurs africains qui parfois, en oublient leur propre identité culturelle. Je rappelle que le thème du concours était « Concevoir un logement collectif en milieu urbain, en Afrique », Certains participants ont par exemple proposé des logements dans lesquels on avait une piscine dans la cour. Quand on sait déjà combien peut coûter l’entretien d’une piscine, je ne pense pas que la bonne solution serait d’en proposer dans un habitat dit collectif en Afrique. Les raisons, vous les connaissez tous !

Concours : Archigenieur Afrique II, du 01er Juillet au 30 Novembre 2013Toutefois, il y avait des projets très réalistes et perspicaces tel que le premier prix lauréat « Baobab urbain ». Ce dernier répondait, d’après moi et selon les autres membres du jury, au contexte local africain, et répondait aux besoins de base en matière d’habitat. Surtout, qu’il privilégiait plusieurs matériaux locaux tels que la terre ou l’argile. On pouvait lire dans ce projet une bonne prise en compte des relations sociales très importantes en Afrique, ainsi que le rapport de l’échelle du bâti au tissu urbain environnant.

J.W.D : Quelle différence y a-t-il entre la première édition du concours et celle-ci, la seconde ? Y a-t-il des innovations ?

R.A : Il y a bon nombre de différences. La première est que, suite à la forte demande de participations enregistrée l’année dernière, nous avons décidé d’ouvrir cette édition à l’international. Les Africains de la diaspora ainsi que les étrangers peuvent participer. Toutefois, il est impératif que le chef d’équipe (maximum 4 personnes/équipe) soit Africain ou issu de la diaspora.

Le deuxième concerne le temps de travail sur les projets. Au lieu de trois mois, nous avons prolongé celui-ci à quatre mois. Les prix à attribuer ont aussi augmenté, le premier prix étant de 1500€, le deuxième de 1000€ et le troisième, de 750€. Pour cette édition, nous attribuerons aussi des mentions aux projets méritants.

Nous espérons fortement pouvoir organiser une cérémonie de remise de prix en Afrique pour cette édition. Et pour y arriver, nous comptons sur d’éventuels partenaires, car il nous faut la financer et à l’heure actuelle, nous n’en avons toujours pas les moyens.

Je rappelle que le dossier de sponsoring est disponible et téléchargeable sur notre site internet, et il peut être aussi envoyé par mail sur simple demande.

J.W.D : Quels sont les objectifs poursuivis spécifiquement pour cette édition du concours ? Des attentes particulières ?

R.A : Tout comme la première édition, nous espérons être émerveillés par la qualité des projets proposés. Pas seulement par leur qualité graphique et de présentation, mais aussi par la qualité de conception d’un projet dans lequel on pourra lire un vocabulaire architectural adapté à l’Afrique.

Nous attendons beaucoup des participants, surtout pour le thème de cette édition qui va au-delà du domaine de l’architecture, et touche à l’urbanisme, aux rapports socio-culturels, aux flux qu’on peut constater lorsqu’on fréquente le marché, et bien d’autres.

J.W.D : En quoi ce concours est-il une opportunité pour la jeunesse africaine ? Comment lui bénéficie-t-elle de façon efficiente ?

Romarick Atoke : « Il est de notre devoir de nous mobiliser pour construire l’Afrique »

R.A : Le concours est une opportunité pour la jeunesse africaine puisqu’il lui permet de concourir à l’échelle internationale. Cela veut dire qu’elle pourra pousser plus loin ses limites et faire valoir ses acquis à l’université ou dans le monde professionnel, avec d’autres participants qui connaissent aussi bien le terrain africain.

Ce concours pourrait révéler à l’Afrique ces talents qui ne cherchent qu’un canal pareil pour exprimer leurs qualités. Ainsi, nous pourrons voir naître d’autres talents qui viendront s’ajouter à ceux qui bâtissent déjà l’Afrique du XXIe siècle.

J.W.D : S’il fallait résumer le paysage urbain africain en quelques lignes, que dirais-tu ? Qu’est-ce que ce concours peut lui apporter de nouveau ?

R.A : Personne n’est sans ignorer que les villes africaines, depuis quelques décennies, connaissent un considérable étalement urbain. Face à cela il faut repenser nos villes et proposer des projets qui reflètent des solutions durables. Compte tenu des enjeux environnementaux, architecturaux, urbanistiques et d’assainissement, nous qui sommes acteurs devront travailler ensemble pour répondre par exemple à la croissante demande d’habitat.

Justement, ce concours a pour objectif de mettre en évidence des plans d’habitations et d’infrastructures adaptés à nos tissus urbains et à nos habitudes, puisqu’ils sont principalement conçus par les africains eux-mêmes.

J.W.D : Des conseils aux futurs postulants ?

Concours : Archigenieur Afrique II, du 01er Juillet au 30 Novembre 2013R.A : Je leur demande de nous émerveiller, de nous surprendre et de ne pas limiter leur créativité. Mais le plus important, c’est de ne pas se laisser influencer par l’architecture occidentale mais de proposer des projets reflétant une identité architecturale adéquate à chaque milieu. Il s’agit également de ne pas négliger le facteur fonctionnel de leurs projets. Aussi, et comme nous le soulignons souvent, privilégions les matériaux locaux !

J.W.D : Un dernier mot ?

R.A : L’Afrique est à construire, et il est de notre devoir de tous se mobiliser pour y arriver. Ensemble, dessinons l’Afrique du XXIe siècle et celle que nous souhaitons laisser aux générations futures.

En savoir plus sur le Concours Archigénieur Afrique – Clôture le 30 novembre 2013.

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