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Les camerounaises ont-elles honte de leurs cheveux ?

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Les camerounaises ont-elles honte de leurs cheveux ?

 

Dernièrement c’était le 14 février, vous savez la fête du saint qui n’avait rien d’autre à faire que marier des trouillards en mal de fornication. Pour faire comme tout le monde, je sors avec une fille. La gourgandine est magnifique : une liane tropicale qui fait se retourner les malheureux célibataires sur notre passage.

Carrefour Mvog Mbi. La pluie. Vous savez, ces feintes de pluie de fin de saison sèche. Des gouttes, chaudes, grasses, lourdes. N’importe quel yaoundéen sait que la pluie la vraie, tombera plus tard donc personne ne court, sauf… ma liane. Je la vois qui traverse la chaussée, esquivant voitures et gouttes d’eau, pour se réfugier sous un porche. Je l’ai suivie en courant hein ? Considérant la cure d’amaigrissement qu’elle venait d’infliger à mon portefeuille, je l’aurais suivie au bout du monde.
Mais je dis hein ? Tu cours à cause de trois gouttes de pluie ?
Comment ça trois gouttes ? Tu n’as pas vu ma coiffure ? Je crus à une blague, mais elle semblait vraiment en colère.

Qui n’aurait pas vu sa coiffure ? Une espère de pot pourri de mèches, une conjugaison de couleurs les unes plus voyantes que les autres, une association de mauvais goût et de m’as-tu vu. Si tu n’as pas aidé à tendre la peau du tambour, ne dis pas qu’il résonne mal. Je me suis tu.

Les premiers signes ont commencé dans le taxi. Des petites tapes du plat de la main sur le cuir chevelu. Je me suis tu.
Arrivée dans mon quartier. Le temps d’arriver devant la porte, encore des gouttes de pluies, plus serrées. C’est à peine si elle ne m’a pas arraché les clés des mains, maudissant le temps, les éléments et les saisons.

Tu n’as pas de sèche-cheveux ?
Hein ?

Ce n’est que lorsque le festival de grattouillement a commencé que j’ai compris : Un cuir chevelu trop longtemps caché sous une couche de cheveux synthétiques. Ajoutez-y des pellicules, un peu de poussière de saison sèche, portez le tout à la température d’une serre tropicale. Arrosez d’un peu d’eau ou de sueur et vous obtenez des démangeaisons frénétiques accompagnées d’une légère odeur de chien mouillé. J’ai dormi dans un fauteuil (je n’ai ni canapé, ni masque à gaz).
Dès le lendemain de cette mésaventure, je me suis intéressé aux cheveux des yaoundéennes. Aussi incroyable que cela puisse paraître, trouver une femme de plus de 20 arborant des tresses naturelles est vraiment rare dans nos rues.

On dirait qu’après leur virginité, la première chose dont les jeunes filles rêvent de se débarrasser ce sont leur cheveux qu’elles cachent sous des extensions artificielles, les fameuses « greffes ». Même celles qui ont le cheveu naturellement long se croient obligées de rajouter des extensions pour les avoir encore plus longs !

Un gros business par ailleurs. Les chinois détenaient le monopole du marché quand soudain on a commencé à parler de mèches naturelles, les brésiliennes, les indiennes, toutes hyper chères. Malgré les prix, nos sœurs en mal d’extraversion ont sauté dessus pour le bonheur des voleurs qui désormais n’hésitent pas à les raser en pleine rue.
Dans le fameux choc des civilisations dont on n’arrête de parler, le cheveu africain semble avoir perdu la guerre. Comment comprendre le spectacle d’une africaine arborant des cheveux chinois, brésiliens ou indiens pour avoir l’air d’une européenne ?
Cet engouement pour les extensions va de pair avec une propension à utiliser des tonnes de produits chimiques. Résultat : même les adolescentes souffrent de « mon vieux » vous savez, ces chutes précoces des cheveux des tempes et du front qui leur donne un air de vieux pépés dégarnis. Dire que jadis, je voyais mes cousines s’enduire les cheveux uniquement d’huile de palmiste et ce pour le plus beau des résultats. Aujourd’hui, surprendre une jeune fille sans sa greffe ou sa perruque, équivaut à la voir toute nue. Croyez-moi, les réactions sont pareilles.

Pose d’extensions, défrisage (Salut Drogba !), blanchiment de la peau ! Houlà ! Certaines personnes devraient se taire quand on fait le procès de Michael Jackson.

Peace Angela Davis

Peace Aline B.

Florian Ngimbis

Source : http://kongossa.mondoblog.org/2012/02/22/les-camerounaises-ont-elles-honte-de-leurs-cheveux/

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