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Chronique : Plaidoyer pour la renaissance d’une « Musique Africaine »

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Chronique : Plaidoyer pour la renaissance d’une  « Musique Africaine »
Plaidoyer pour la renaissance d’une  « Musique Africaine »
La Musique Africaine, si riche et si belle souffre malheureusement des affres de la facilité. Alors que les articles de la vieille garde tombent dans l’oubli, la jeune génération « s’enjaille » sur des chansons qui auront du mal à entrer dans la postérité et figurer au panthéon des chefs-d’œuvre du siècle passé.
Je préfère jeter un pavé dans la marre, me prendre une pluie de critiques plutôt que de rester tapis dans un assourdissant silence ! La musique Africaine glisse dans les abysses de la facilité, tombe dans le gouffre de la médiocrité, s’enterre ; est enterrée dans un tombeau pharaonique auprès de joyeux artistiques tels que Myriam Makeba, Fela Kuti, Ali Farka Toure, Manu Dibango, Johnny Clegg – à  l’heure où l’Afrique entière prie pour Madiba – etc. Et  cette liste n’est point exhaustive.
Je parle là d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. D’un temps dont j’ai brièvement au creux des jours de ma tendre enfance, gravé dans ma tête quelques douces mélopées.
Je suis un mélomane. J’aime la musique donc je suis ! Mais je tire aujourd’hui sur « la Musique Africaine » que je qualifie de mascarade sonore. Je dois probablement souffrir de mélomanie aigue. Je vais surement passer pour un réac lorsque je qualifie la musique de calme cacophonie, aux textes simplistes à vous faire aimer les paroles de l’hymne espagnol. Vous noterez que je ne préfère pas employer le terme sacro-saint « d’artiste » et à plus juste titre celui de « musicien » parce que créativité, musique et musicalité sont portées disparues depuis belle lurette.
La musique comme divertissement
Plaidoyer pour la renaissance d’une  « Musique Africaine »La vocation de la musique n’est forcément artistique, je peux le concéder. J’entends par artistique le lien entre talent de composition indiscutable et musicalité ; deux critères qui aident à créer des titres comme : « Pata Pata »et « Malaïka » de Myriam Makeba, « You must calculer » de Ndedi Eyango, « Noah » de Sam Fan Thomas, « No Bread », « Excuse O » de Fela Kuti ou encore « Seli Ja » et « Pitié » de Tabu Ley.
La musique a une vocation récréative et festive, je le sais. A juste titre elle contribue à la  réjouissance des cœurs et fait passer les vicissitudes de la vie pour une tartine généreusement beurrée. Douk Saga l’a bien compris en Côte d’Ivoire en créant en pleine période de conflit le désormais très célèbre « Coupé-Décalé ». Ce courant musical a été une véritable bouffée d’oxygène. Ce fut-là un échappatoire musical venu contraster avec cet autre bruit : celui des balles de fusils. L’Azonto, dernière tendance venue du Ghana est fortement appréciable elle aussi aujourd’hui à juste titre et rejoint mon raisonnement quant à la dimension de distraction de la musique.
Mais voilà, qu’il y ait plusieurs courants musicaux je veux bien le reconnaître, mais de là, par exemple à récompenser « Arafat » d’un Kora ça relève soit d’une accumulation improbable du facteur chance, soit ce n’est que le reflet dans un rétroviseur brisé, d’une Musique Africaine en pleine perte de vitesse. Les Koras sont censés récompenser les meilleurs « artistes » et non les meilleurs « entertainers » selon moi, car un artiste se définit comme étant une personne qui a le sens et une certaine conception du beaun, et sait créer une œuvre d’art. Arafat n’est donc pas un artiste ! Je le vois mal être nominé aux BET Awards comme l’a été le Nigérian 2face Idibia, remporter un Grammy comme l’ont fait avant la grande Césaria Evoria, Youssou N’dour et Lady Smith Black Manbazo. Que des groupes tels que P-Square soient récompensés, je le conçois et l’accepte eu égard au grand travail artistique fourni depuis leur début, même s’il faut  reconnaître, que sur l’hôtel d’une internationalisation  ils ont prostitué une partie de leur talent. Mais ça c’est un autre sujet…
Je jette l’opprobre sur des musiciens aux compositions enfantines, répétitives, insipides et sans cesse copiées-collées sur les mêmes bases : un riff de guitare, toujours le même. Une bonne vieille gamme pentatonique, une grosse caisse, une caisse claire. Voilà produites à la série  comme sur une chaine de montage, des chansons quasi identiques qui disparaîtront dans la chaleur glaciale des profondes oubliettes  de nos mémoires.
Des raisons de se réjouir
Plaidoyer pour la renaissance d’une  « Musique Africaine »J’ai mal à la Musique Africaine, dans un contexte où tout le monde se prétend « chanteur » ce qui conduit à une prolifération de brailleurs du dimanche. Au Cameroun par exemple, ou en Côte d’Ivoire tout le monde s’improvise tantôt chanteur ou DJ à la faveur de leurs humeurs.
Ras-le-bol de cette musique qui tire les mœurs vers le bas, qui ne perpétue pas notre riche héritage musical. Ras-le-bol parce que lorsqu’avec des amis on aborde le sujet de la Musique Africaine on n’a de cesse que de me fredonner « Premier Gaou » de Magic System ou « les dimanches à Bamako » des Maliens Amadou et Mariam. Non pas que j’ai une dent contre Magic System – que j’adore au passage – ou Amadou et Mariam – dont je suis un grand fan –, je suis tout juste ulcéré qu’en dépit de tout l’héritage culturel il n’y ait rien à l’esprit de beaucoup de personnes, mises à part quelques notes de ces titres il faut le dire très formatés pour la radio. Le but étant d’en faire de tube de l’été – merci Universal Music, entre compagnies. Ces tubes sont le vernis qui recouvre une riche diversité musicale. On peut se réjouir à l’écoute des titres comme « Sabali » d’Amadou et Mariam, titre mondialement samplé  notamment par Théopilus London, Damian Marley &Nas
J’appelle de mes vœux à ce que des artistes tels que Richard Bona, Rokia Traoré, Hugh Masekela – très grand militant en faveur de la libération de Mandela – soient plus connus du grand public et non uniquement par une frange de mélomanes avertis. Qu’on abandonne ce terme, creux et vide de sens de : «musique du monde » pour enfin qualifier les classiques de Papa Wemba de Rumba, d’African Jazz les belles prosonis – productions sonores non identifiées – de Richard Bona et de Musique Mandingue les douces chansons de Rokia Traoré et Oumou Sangaré.
Encore heureux que nous ayons de grands noms tel que Lokua Kanza, Sally NyolloIsmael Lô, Salif Keita, Angelique Kidjo, des noms moins connus tels que Femi et Seun Kuti fils du célèbre chanteur et créateur de l’Afro Beat Fela Kuti.
Ça serait fort dommage, qu’une fois grands nos petits frères, nos enfants aient pour références Arafat – une fois de plus –, Debordo Leekunfa, Molaré, Teeyah et j’en passe. On la connaît tous cette ritournelle : « c’est la musique de mon enfance ». Pourvu que ces petits puissent prononcer cette phrase pour des titres qui en valent la peine.
« Je n’ai jamais chanté la politique, seulement la vérité » Myriam Makeba.

Sandnath

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