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Visite chez « Ethnic Angel », un supermarché parisien pas très ordinaire…

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Visite chez « Ethnic Angel », un supermarché parisien pas très ordinaire…

 

Cela fait plusieurs mois maintenant que j’entends parler de l’existence d’un supermarché multi-ethnique à Paris et hier, j’ai enfin décidé de m’y rendre. Un Samedi, il y avait peu de probabilités de tomber sur un responsable mais faut croire que c’était mon jour de chance puisque j’ai pu longuement m’entretenir avec Charles Ekoumé, le directeur marketing du magasin.
Ouvert depuis près de 8 mois environ, Ethnic Angel est dirigé ( et a été créé ) par Angèle Seguillon Nkakè, une ex-ingénieure d’origine Camerounaise qui a fait ses classes pendant plusieurs années en tant que cadre chez Carrefour(et cela se ressent dans la déco/le merchandising du supermarché ). Elle a décidé de faire de ce projet une affaire familiale, puisque j’apprends que les postes à responsabilités ont été répartis en fonction des aptitudes des uns et des autres ( le Directeur Marketing, ex-ingénieur également, est son cousin ).

Bien évidemment, je ne peux pas retranscrire l’ensemble de la conversation mais en voici un extrait :
« – MayBach Carter: Avant de venir ici, j’ai fait quelques recherches en amont et à ma grande surprise, la majorité des médias qui ont couvert l’ouverture de votre magasin est généraliste…la presse dite ethnique n’a pas manifesté d’intérêt ? C’est assez étrange…
– Charles Ekoumé: Oui cela nous a un peu surpris également. Nous avons eu beaucoup de retours de médias généralistes qui ont fait pas mal de papiers sur nous, mais la presse communautaire n’a pas été aussi réactive..
– MayBach Carter: Effectivement…Pensez-vous qu’il y ait une sorte de barrière par rapport à la clientèle ? Généralement, ces produits dits « exotiques » on les retrouve souvent dans une ambiance très Château Rouge, dans des épiceries à la décoration sommaire….
– Charles Ekoumé: C’est vrai que l’on constate que beaucoup de clients ont souvent peur de rentrer parce qu’ils se disent que la présentation de notre magasin va se répercuter sur les prix des produits. Mais une fois qu’ils franchissent le pas, et rentrent dans le magasin, ils s’aperçoivent que nous ne sommes pas si cher que çà finalement.


MayBach Carter: Humm…Je vois le prix des bananes plantains là. 3€ c’est tout de même plus cher que le prix moyen..
– Charles Ekoumé: Oh ceci fait partie des exceptions du magasin. Nous les vendons à ce prix parce que nous les achetons à Rungis, alors que les commerçants de Château Rouge les achètent en Afrique directement. Mais ceci va changer d’ici quelques mois, nous allons importer les produits depuis le Cameroun, ce qui réduira considérablement les coûts et amortira le prix pour les clients. Par ailleurs, dès Septembre, nous aurons des produits comme le Top Grenadine (boisson) qui passeront sous la barre des 1€. Notre but est de se positionner comme étant avant tout un magasin à la fois qualitatif et surtout moins cher que ceux qui vendent ces produits en général.”
Le magasin distribue des produits venus de 80 pays dans le monde, mais compte plus de 2000 références dans l’ensemble. Guinness, condiments pour le Poulet Yassa et autres maniocs se retrouvent rangés au milieu de pamplemousses ou entre 2 bouteilles d’Orangina et je trouve çà génial. Le fait de mixer produits africains, franco-français et vietnamiens au lieu de les classer par pays m’a d’abord déroutée mais au bout de 5 minutes à tourner dans les rayons, j’ai vite trouvé mes repères et limite, je préfère ce type de rangements. Pour l’aspect pratique parce qu’il y a tout sur place et çà permet de découvrir des saveurs d’ailleurs, mais aussi parce que sur le plan symbolique, je trouve çà beau ( traitez-moi de nunuche ) de banaliser des produits considérés comme « exotiques ». Je vois peut-être le débat sociologique PARTOUT jusque dans les rayons d’un supermarché, mais j’vous assure, le fait de voir un jus de fruits importé du Congo à côté d’un Minute Maid, comme si c’était normal, çà m’a subjuguée. Je crois que ce concept répond aux attentes de beaucoup d’entre nous, toutes origines confondues, qui évoluons entre différentes cultures à longueur de journées ( au point de ne plus y faire vraiment attention ).


Les 700 mètres carrés du magasin sont répartis sur 2 niveaux : le rez-de-chaussée consacré à l’alimentaire et le 1er étage consacré à la décoration, la mode, la beauté et autres produits non-alimentaires…
Pour résumer, le magasin est climatisé, spacieux, pas d’odeurs désagréables et la clientèle que j’y ai croisé est très multicuturelle. J’ai cru comprendre que le magasin devrait ouvrir dans d’autres villes d’Ile-de-France et que d’ici Juillet, ils distribueront une ligne de vêtements Trendy et entièrement conçue au Cameroun avec l’aide d’un designer local. Ils sont également à la recherche de designers parisiens qui pourraient mettre leurs pièces en vente chez eux ( je dis çà parce que je sais que quelques un(e)s de mes lecteurs/ices sont concerné(e)s…). Bien sûr, ils font le choix en fonction de l’adéquation entre la marque qui souhaite être vendue et le positionnement du supermarché.
Félicitations à l’équipe/la famille derrière ce projet, l’initiative est vraiment à saluer. Je parle souvent de ce qui ne va pas, mais croyez-moi, tomber sur de tels projets a tôt fait de me redonner foi.

MAYBACH CARTER

Visiter le site.

Adresse : 16 rue du Faubourg Montmartre – 75009 Paris

 

Source : Visite chez « Ethnic Angel », un supermarché parisien pas très ordinaire.. | Fashion,Music & Bitching à la française.