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Wimbo-Kasi : L’Afrique et son « art fric »

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Wimbo-Kasi : L’Afrique et son « art fric »

L’Afrique, sa musique, ses acteurs et son fric, riche par sa pluralité, on ne saurait définir les différents rythmes véhiculés par les artistes africains. Si certains sont purement locaux, certains par contre se sont ouverts par leur inventivité  à la scène internationale et d’autres aussi ont adopté des styles musicaux d’ailleurs et s’y sont fait une bonne place. Le reggae, le Hip-hop, le Jazz ou la world music sont autant pratiqués de nos jours sur l’étendu du continent.
Grâce à leur notoriété, beaucoup d’artistes se sont reconvertis dans d’autres disciplines afin de fructifier leurs pépètes. Parler de l’argent des célébrités en a toujours intéressé plus d’un. En Afrique on ne déroge pas à cette règle. Pourtant les informations sur les revenus de nos artistes restent très maigres voire inexistantes, ce qui n’est d’ailleurs que le reflet d’une opacité caractérisée quand il s’agit de parler d’argent de manière générale.
Sans se vouloir exhaustive et encore moins figée, la liste suivante représente le « must » de l’Afrique (dans l’ordre alphabétique) quand il s’agit de parler de chanteurs les plus fortunés.

 

2Face Idibia
Une moyenne de 130.000$ par contrat publicitaire, un cachet entre de 50.000 et 80.000$ par show, un investissement massif dans l’immobilier, l’auteur de « Africa queen » est un poids lourd en Afrique et s’est installé depuis plusieurs années déjà dans le top des artistes les mieux payés de son Nigéria natal.
Alpha Blondy
Alpha Blondy n’est pas seulement l’artiste le plus populaire de la côte d’ivoire, mais il fait également partie des artistes africains les plus connus sur la sphère internationale. Auteur d’un nombre incommensurable de concerts pendant lesquels il délivre ses messages politiques, il a étoffé son porte-monnaie avec plus de 20 millions d’albums vendus et l’écho de « brigadier sabari », vendu a des millions de copies. Il pulvérisait déjà les charts avec son album « masada », opus sorti en 1992 avec son reggae teinté de sonorités africaines.

 

Banky W
Peu connu hors de chez lui au Nigéria, Banky W est pourtant l’un des artistes phares de la scène musicale de son pays. Avec des cachets certes loin de ceux de 2Face, P-Square ou encore D’Banj (pour rester dans le même pays), « Mr Capable » comme on l’appelle est néanmoins un entrepreneur qui a beaucoup investi en dehors de la musique. Il a également signé plusieurs contrats publicitaires et travaillé avec plusieurs multinationales telles que Coca-Cola, Samsung ou encore Microsoft. Banky W est également celui qui a fait découvrir au monde la nouvelle coqueluche de la musique nigériane Wizkid à travers son label E.M.E. record label, qui est devenu depuis Avril 2012 représentant officiel en Afrique du label d’Akon Konvict Musik.

 

D’Banj
Le « Kokomaster » ou encore « Mr. Endowed » comme il aime se faire appeler est reconnu pour avoir un penchant poussé pour l’argent : un véritable businessman. D’Banj est dans l’esprit un artiste américain ; celui-là qui n’oublie jamais le côté business de la notion de Showbiz. Il essaie de tout transformer en machine à sous et se décrit d’ailleurs lui-même beaucoup plus comme un entertainer qu’un chanteur ou même rappeur. Parmi ses nombreuses sources de revenus on pourrait citer ses bars « Koko Lounge » au Nigéria et en Angleterre, son émission de télé-réalité « Koko Mansion », sa marque de téléphone « Koko mobile ». Encore plus qu’avec toutes ces diverses activités, D’Banj gagne de l’argent, beaucoup d’argent avec ses contrats publicitaires. Grâce à des contrats avec de nombreuses entreprises tels que UAC Foods, Power Fist (boisson énergétique), Globacom telecommunications, Virgin colour soft drink, ou encore quelques joailliers, « The african Michael Jackson » (ndlr : l’un de ses nombreux surnoms) engrange plusieurs millions de dollars rien qu’en droits à l’image. Ce n’est pas tout, rappelez-vous qu’il s’agit d’un artiste ; avec tout cela on serait emmené à oublier qu’il fait également de la musique. D’Banj est co-fondateur de Mo’Hits Records (label désormais défunt) sur lequel était signé jusqu’en Mars 2012 plusieurs grands noms de la nouvelle scène musicale nigériane : K-Switch, D’Prince, Wande Coal ou encore Dr. SID.
Son deal avec le label G.O.O.D Music du rappeur américain Kanye West a fait monter davantage sa côte de popularité et les organisateurs de concerts devront désormais compter entre 50.000 et 150.000$ selon le lieu et l’ampleur de l’évènement pour pouvoir s’attacher les services de ce « money-maker ».

 

Don Jazzy
Don Jazzy est à la musique urbaine nigériane ce que David Guetta est à l’électro-pop d’aujourd’hui : un producteur avec qui tout le monde souhaite travailler. Co-fondateur de Mo’Hits Records il a su élever le label au rang de numéro 1 au Nigéria. Grâce au deal entre Mo’Hits et G.O.O.D Music, il a pu travailler avec la bande à Kanye West notamment en coproduisant avec Q-Tip le titre « Lift off » de Jay-Z et Kanye West en featuring avec Beyoncé sur l’album « Watch the throne ». Suite à la séparation avec D’Banj en début 2012, Don jazzy crée Mavin Records sur lequel il signe ensuite pratiquement tous les anciens artistes de Mo’Hits.

 

Hugh Masekela
Ce monsieur a connu toutes les « majors » de l’industrie musicale internationale: Mercury, MGM, Jive, Warner Bros, Columbia, Universal pour ne citer que celles-là. Récompensé par l’académie des Grammy Awards, ce sud-africain est tout simplement le musicien Jazz le plus important du continent africain. Depuis le début de sa carrière en 1956, il a accumulé les collaborations avec les plus grands noms de la musique internationale, ainsi que plusieurs hits et albums vendus à plusieurs millions d’exemplaires. A titre d’exemple on pourrait citer son single “Grazing in the Grass” numéro du « Billboard Hot 100 Chart » aux Etats-Unis en 1968[Note:1] et vendus plus de 4 millions de fois[Note:2].
Très engagé politiquement et socialement, « The man with the horn » comme on l’appelle a composé le hit « Bring Him Back Home » en 1987 qui deviendra par la suite l’hymne du mouvement pour la libération de Nelson Mandela alors emprisonné par le régime de l’apartheid.
Après 56 années de carrière, Hugh Masekela ne compte pas s’arrêter là vu que sa prochaine tournée mondiale est déjà programmée pour 2013 et il jouera sans aucun doute comme à son habitude devant 80.000 à 100.000 personnes.

 

Koffi Olomide
Il est une légende vivante de la musique africaine. Véritable icône sur le continent, de nombreuses générations ont été marquées par le talent du « grand Mopao » congolais. Il est difficile d’avoir des chiffres concrets sur les avoirs de ce monsieur. On peut néanmoins se permettre de le citer dans cette liste au regard de sa carrière débutée en 1977. Koffi Olomidé traîne avec lui 35 années de succès, plusieurs disques d’or… de « vrais » disques d’or (100.000 exemplaires) ainsi que d’innombrables concerts notamment dans des salles mythiques comme Paris-Bercy.

 

Manu Dibango
Manu légende vivante Dibango, le saxophoniste et chanteur de jazz à l’accent africain est un vieux de la vieille, il débute sa productive avancée en 1971 qui va le mener aux projecteurs avec le titre soul makossa. Titre qui sera repris par plusieurs artistes célèbres sur la planète et qui poussera Manu à s’attaquer aux maisons de disques respectives de Michael Jackson et Rihanna plus tard[Note:3]. L’auteur de « Soul Makossa » est un monument et le porte-flambeau de la musique camerounaise sur la scène internationale.

 

P-Square
Natifs du Nigéria, Peter et Paul (d’où le nom P-square ; entendez par là « P au carré ») sont surement les artistes du continent les plus en vue du moment. Avec des cachets autour de 100.000$ par show et pouvant même aller jusqu’à 200.000$, les jumeaux les plus célèbres d’Afrique sont devenus les chanteurs les plus « bankable » au Nigéria et se sont hissés en quelques années très rapidement dans le top des artistes africains les mieux payés.

 

Youssou Ndour
Premier chanteur dans le classement des célébrités les plus influentes en Afrique selon le magazine Forbes[Note:4], l’actuel ministre de la culture du Sénégal Youssou Madjiguène Ndour a tout atteint dans la musique. Ses titres ne se comptent plus. Avec une trentaine d’albums et de nombreuses récompenses dont les très prisés Grammy Awards à son actif, il jouit d’une reconnaissance planétaire qui lui a permis en 42 années de carrière de se lancer dans le monde du business et de se constituer un joli patrimoine dont le principal groupe de presse du Sénégal : quotidien, radio, journal d’informations sportives, chaîne de télévision, imprimerie etc… le tout géré par sa holding « Youssou Ndour Head Office » à Dakar. Il a investi l’essentiel de sa fortune dans son pays, qu’il n’a jamais d’ailleurs quitté – malgré son succès planétaire – vu qu’il y vit toujours.
Beaucoup d’autres artistes prolifèrent et ont également réussi financièrement leur carrière, on pourrait citer, Salif Keita, Angelique Kidjo, Baaba Maal ou encore Werrason et Fally Ipupa issu de la nouvelle génération rivalisant déjà avec les ainés. Tous ces artistes prouvent aujourd’hui aux yeux du monde que malgré les difficultés et le manque de structures et d’organisation de l’industrie musicale africaine, il est bel et bien possible de tirer son épingle du jeu : il ne reste plus qu’à reprendre le flambeau.

K-RAN

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Qui est K-Ran ?
Ce mélomane est attiré très tôt attiré par la profondeur de l’art musical. Doté d’une grande curiosité, il s’intéresse rapidement à différents styles et genres musicaux, ce qui lui procurera une éducation musicale poussée. Soul, Rap, RnB, Pop ou encore toutes les sonorités africaines, sont quelques unes des teintes qu’on pourrait citer en parlant du tissu musical de ce jeune camerounais.  Depuis plusieurs années déjà, K-Ran officie dans les coulisses de l’industrie de l’Entertainment en Allemagne et compte parmi ses nombreuses occupations : show-radio, deejaying, évènementiel et chronique web.

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