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“Y’a bon Zimbabwe devenu grand !” – Biennale Internationale d’Art Contemporain de Venise

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“Y’a bon Zimbabwe devenu grand !” – Biennale Internationale d’Art Contemporain de Venise
On apprenait il y a peu une grande nouvelle : Quatre artistes zimbabwéens participent à la 54ème édition de la Biennale Internationale d’Art Contemporain de Venise ouverte officiellement samedi au nord de la capitale italienne.
La Biennale de Venise est une fondation italienne qui organise divers événements artistiques. Elle existe depuis 1895 et est aujourd’hui considérée comme la plus prestigieuse manifestation artistique européenne et un évènement international majeur.
La Biennale Internationale d’Art Contemporain de Venise 2011 a pour titre “Illuminazioni” qui renvoie au thème de la lumière et a ainsi ouvert ses portes le 4 juin dernier. La Sérénissime sera placée sous son égide pendant près de six mois jusqu’au 27 novembre 2011.
Et le Zimbabwe a “enfin” réussi à se hisser au niveau de cette fondation mondialement reconnue en faisant évoluer son art jusqu’alors plutôt primaire au niveau des créations des pays matures.
Selon la directrice du Conseil britannique, qui a parrainé le pavillon d’exposition du Zimbabwe (aucun rapport avec l’histoire coloniale des deux pays bien entendu ! Pffff ! mauvaises langues !), Miss Jill Coates a qualifié la présence du Zimbabwe à cette rencontre artistique de « passage à l’âge adulte ».  La Grande-Bretagne peut donc se vanter d’avoir réussi dans sa mission civilisatrice à l’égard de son ancienne colonie, passée désormais du statut de maître dans l’art primitif à novice dans l’art mature.
Il est vrai que le terme d’art primitif ou arts premiers avait fait polémique à son époque. Pas assez valorisant, voire même dévalorisant. Cette expression et ses synonymes « art sauvage », « art tribal », « art ethnographique », « art traditionnel » « art archaïque » ou encore « art lointain » étaient alors taxés de conception évolutionniste et ethnocentriste des sociétés humaines. Mais aujourd’hui, tout a changé ! Le Zimbabwe expose à la Biennale de Venise et l’ancienne colonie a atteint l’âge adulte d’un point de vue artistique, des dires de la représentante anglaise !
Alors Y’a bon ! Bravo aux artistes qui ont permis à l’homme africain de rejoindre le monde des grands, le monde de ceux qui sont entrés dans l’histoire depuis si longtemps. Et surtout merci à l’Empire Britannique de reconnaitre cette maturité !
En 1983, le “Sunday Telegraph” jugeait «que sur les dix meilleurs sculpteurs mondiaux, cinq provenaient du Zimbabwe». Et malgré tout, subsistait encore un côté sauvageon, enfantin dans l’art Zimbabwéen…
L’année suivante, c’est dans “Newsweek” que : « la sculpture contemporaine du Zimbabwe est (considéré comme) le mouvement artistique le plus important qui ait surgi d’Afrique au cours de ce siècle ». On pouvait donc s’attendre à ce que presque 27 ans plus tard, le Zimbabwe accède à la maturité.
Le Mali avait d’ailleurs senti en Calvin Dondo, l’un des artiste exposé à Venise, la capacité d’atteindre cette sagesse précoce et l’avait encouragé en lui remettant le Prix Seydou Keïta.
Aujourd’hui, l’art Zimbabwéen peut poursuivre sa route vers la civilisation en comptant sur la tutelle de ses amis les plus anciens comme le rappelle cette intervention navrante de cette représentante Britannique !
Voir l’intégralité du discours en anglais : http://www.nationalgallery.co.zw/venice/speech1.htm
Les artistes présents à la biennale de Venise – Extrait des biographies officielles :
Le Zimbabwe est représenté pour la première fois à cette biennale par le peintre Berry Bickle, le plasticien Misheck Masamvu, le photographe Calvin Dondo et le sculpteur Tapfuma Gutsa.

R.G.

Tableau de Berry Bickle

« Berry Bickle, vit et travaille à Maputo, au Mozambique. Elle fait partie d’une génération d’artistes africains émergée au début des années 1990, période durant laquelle les discours théoriques sur le post-colonialisme, les identités interculturelles et la globalisation commençaient à remettre en question le monopole artistique occidental. Dans ses installations, ses vidéos et ses photographies, Bickle dissèque la mémoire de la mobilité et son influence sur les sociétés. Elle s’inspire de son héritage culturel pour transformer la mobilité en un concept multi-facettes reliant entre elles les diverses communautés. »

 

Tableau de Misheck Masamvu

« Né en 1980 au Zimbabwe, Misheck Masamvu a étudié l’art avec Helen Lieros de la Gallery Delta à Harare. Son oeuvre a été exposée principalement au Zimbabwe et dans des expositions de groupe en Grèce, en Allemagne et en Grande Bretagne. Faisant partie des générations « nées libres » de la période post-indépendance en Afrique, Masamvu s’interroge sur l’actuelle trajectoire du continent en exposant dramatiquement ses réalités psychosociales et politiques. En tuer Un pour faire de la place aux Autres reflète le fait que « l’Afrique est en train de se faire voler par ses propres fils et filles…qui utilisent des formes oppressives de gouvernance pour s’enrichir et opprimer leurs propres frères et soeurs. » Les touches expressionnistes hardies et la couleur dramatique indiquent des possibilités d’action, mais tout est enfermé dans une confusion et une frustration. Ses intérieurs bizarrement pourris sont exposés par le biais de métaphores et de symboles, permettant au spectateur d’entrer virtuellement dans ce théâtre de l’esprit dans lequel tout est ambigu et incertain. Les personnages paraissent si reconnaissables, le visage souriant si accueillant. Mais, est-ce que ce sont des clowns ou des fous, est-ce de la douleur ou de l’agression, du désespoir ou de l’indifférence ? Les possibilités et leurs probables conséquences planent, créant une tension palpable, alors que les constructions de l’homme se désagrègent et les méthodologies sont renversées, n’offrant ni sécurité, ni progrès. Bien que faisant clairement allusion à l’état actuel du Zimbabwe, les oeuvres de Masamvu reflètent des soucis universels. »

 

Photographie de Calvin Dondo

« Né en 1963 à Harare, Calvin Dondo vit et travaille à Harare. Il a étudié la photographie à la Harare Polytechnic entre 1985 et 1988. Photographe indépendant, il rêve d’abandonner la photographie commerciale pour éprouver pleinement les plaisirs de la photographie documentaire et des histoires que l’on peut raconter à travers les images. »

 

Sculpture de Tapfuma Gutsa

« Tapfuma Gutsa est né au Zimbabwe en 1956. Il se voit attribuer en 1982 une bourse pour 3 ans à la London School of Art. A son retour, il forme un groupe de travail à Tafara. Il fait partie avec Richard Jack, de ceux qui vont insuffler un renouvellement décisif des techniques et des thèmes dans les années 80. Au début des années 90,il met en place un atelier ouvert au public à Shurugwi. Il sculpte la serpentine à laquelle il associe parfois des cornes d’animaux ou d’autres matériaux. Dans l’univers fantasmatique qu’il a créé, il a développé une mythologie où sa colère et son ironie jouent les rôles principaux. Il se distingue par de perpétuels clins d’œil aux grands maîtres de l’histoire de l’art tout en témoignant d’une exceptionnelle liberté  d’inspiration. Sa parfaite maturité artistique lui confère une vraie stature internationale. »

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